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Histoire des écoles (période de 1970 à nos jours…)

La situation va s’arranger et la stabilité va s’installer dès la rentrée 1971 avec l’arrivée d’un instituteur tout frais émoulu de l’École Normale de Bourges : Robert LEGOUX. Mais le mal est fait et la faiblesse des effectifs font craindre la disparition de la classe unique à Saint Laurent. De nouveaux habitants, attirés par le calme et la fraîcheur de la commune, vont heureusement permettre le repeuplement de l’école (il ne faut pas oublier que l’année 1975, avec 13 élèves, a vu la population Laurentaise la plus basse de son histoire avec 210 habitants seulement). L’arrivée en 1977 d’une nouvelle municipalité conduite par un tout jeune Maire, Jean-Louis Rivier, et son Conseil Municipal, vont proposer une politique favorisant l’urbanisme et contribuer ainsi à faire infléchir la courbe descendante de la démographie. Une zone pavillonnaire verra le jour à la Ruesse et quelques permis de construire pourront être obtenus ça et là parce que la Municipalité n’est pas encore dotée d’un document d’urbanisme. La population va ainsi passer à 253 habitants en 1982, puis 354 en 1990.

Image35Les nouveaux habitants vont faire gonfler les effectifs à 28 élèves en 1983 avec de nombreux bambins de 4 ans. Il y avait tout lieu de se féliciter car l’école était sauvée mais il était difficile pour Robert LEGOUX de diriger une classe à 6 niveaux avec autant d’élèves. La Municipalité lui avait octroyé, à la fin du premier trimestre de 1982, un poste d’ assistante maternelle en la personne de Martine, son épouse. Malgré tout, les difficultés liées à l’abondance des effectifs et des niveaux demeuraient.

VERS LE REGROUPEMENT PÉDAGOGIQUE SCOLAIRE
A VOUZERON, les infrastructures scolaires étaient plus importantes : outre les deux classes (l’une dirigée par Gilles VINCENT avec les cours CE2-CM1 et CM2 ; l’autre, dirigée par Katia JEANNIN qui enseignait aux maternelles moyenne et grande sections ainsi qu’aux CP et CE1), existaient un ramassage scolaire et une cantine. De même qu’à SAINT LAURENT, la plénitude des effectifs atteignait un seuil critique et de nombreux enfants étaient placés sur une liste d’attente en attendant leur scolarisation.

Image36Devant cette situation, les instituteurs des deux communes se rencontrèrent à plusieurs reprises et, après avoir réalisé une projection des futurs effectifs scolaires sur plusieurs années, tombèrent d’accord sur la nécessité de créer un Regroupement Pédagogique scolaire, garant d’une qualité et d’une amélioration certaines de l’enseignement.
Ils firent alors part de leurs inquiétudes et de leur projet aux parents d’élèves ainsi qu’aux deux municipalités.

Image37CREATION DE L’A.P.E.S.L.V.
Auparavant existait à SAINT LARENT, l’ASSOCIATION CULTURELLE DE PARENTS D’ELEVES, tandis qu’à VOUZERON, seule, la Coopérative scolaire animait quelques activités et réunions de parents.
Au cour de l’année 1983, les enseignants ont convaincu les parents d’élèves des deux communes de la nécessité de réunir les 2 écoles afin d’en obtenir tous les avantages pédagogiques. Très rapidement, ces derniers se rallièrent à ces objectifs et créèrent l’ASSOCIATION DE PARENTS D’ELEVES ST LAURENT-VOUZERON (A.P.E.S.L.V.) à la rentrée scolaire 1983/1984.
Bien que l’Instance officielle n’était pas encore formée, la toute nouvelle association proposa des animations communes : rifles et classe verte à la Couturanderie.

CREATION DU SIVOS
Dans le même temps, des contacts étaient pris avec les Maires de St Laurent (Thérèse ALLOITEAU) et de Vouzeron (Jean-Marie JOUANNET) pour parvenir, le 6 janvier 1984 à la création du Syndicat Intercommunal à Vocation Scolaire : le SIVOS. L’entente intercommunale sur le plan scolaire était conclue et allait devenir effective à la rentrée des classes de SEPTEMBRE 1984 et l’enseignement allait se répartir sur 3 classes à 3 niveaux d’enseignement, comme suit :
Vouzeron : classe de Katia JEANNIN (maternelle petite, moyenne et grandes sections)
Classe de Gilles VINCENT (CP – CE1)
St Laurent : classe de Robert LEGOUX (CE2 – CM1 et CM2)
Les avantages pour les enfants ainsi que pour les parents étaient considérables :
– Transport scolaire à domicile gratuit
– Restauration à la cantine municipale de Vouzeron pour un prix modique
– Apprentissage de l’eau et de la natation à la piscine du CAME de Neuvy

Image38– Accès à la maternelle pour tous, dès l’âge de 3 ans par la création d’une classe dotée de tous les aménagements pédagogiques et nécessaires à l’école de Vouzeron
– Et surtout le bénéfice d’une meilleure qualité de l’enseignement due en particulier à la diminution des niveaux par classe
Par la suite, les réalisations municipales suivantes allaient encore améliorer le confort de l’enseignement :
Septembre 1985 : construction d’une salle d’activités à St Laurent (bibliothèque, salle d’études et sanitaires)
Septembre 1987 : agrandissement de la salle de restauration à Vouzeron

Image39Septembre 1988 : ouverture d’une 4ème classe à St Laurent avec, en outre des sanitaires (Coût des travaux : 230 000 F subventionnés à 50% par le Conseil Général). Cette création, due à une forte augmentation des effectifs (plus de 90 élèves), allait permettre ainsi un enseignement à 2 niveaux pour chaque classe.
Vouzeron : maternelle petite et moyenne section (Mme Katia JEANNIN)
Maternelle grande section + CP (Mr Gilles VINCENT)
St Laurent : CE1 + CE2 (Mme Catherine BENETREAU-DUPIN en qualité de Directrice)
CM1 + CM2 (Mr Robert LEGOUX)
Septembre 1992 : création de sanitaires à la cantine de Vouzeron. Suite au départ de Mr Gilles VINCENT, Mme Katia JEANNIN a pris en charge l’éducation des CP et Mme Marielle MITRIOT, celle des maternelles, tandis qu’à St Laurent, Mme Dominique DUNEAU a remplacé Mme DUPIN (cours CE)
Septembre 1993 : agrandissement et modernisation de la cuisine de la cantine à Vouzeron et aménagement d’une salle de restauration dans la salle communale de St Laurent.
A Vouzeron, Mme Marielle MITRIOT a été remplacée par Mme Murielle GAUTIER à la direction des classes maternelles tandis que Mme Chantal DUMAS prenait la place de Mme DUNEAU à la tête des cours élémentaires à Saint Laurent.

Image40ACTIVITÉS EXTRA SCOLAIRES
Le 5 janvier 1987, les élèves de la classe de Robert LEGOUX sont partis en classe de neige à Pont– du-Fossé (05). Ce séjour à été financé à 1/3 par les communes, 1/3 par l’APESLV et 1/3 par le Conseil Général et les Parents. Deux séjours de ce type ont eu lieu avant d’être remplacés par des classes découvertes se déroulant sur le même site et à la fin du mois de mai.
Mme Chantal DUMAS, quant à elle organisait des séjours classes vertes à Veaugues (18) qui proposait, entre autre, des travaux sur la nature, l’eau, les animaux, un atelier de poterie, découverte des bords de Loire, des chauve-souris, des initiations au VTT ainsi qu’à la spéléologie.

BAISSE DES EFFECTIFS
La seconde moitié de la décennie 90 a fait apparaître un déclin de la population scolaire du principalement au vieillissement de la population ainsi qu’à la scolarisation de plus de 20 élèves dans d’autres établissements scolaires. Cet exode était du à la difficulté des parents travailleurs à trouver localement des assistantes maternelles ou nourrices agréées.

LA GARDERIE PERISCOLAIRE
22 avril 1996 : afin d’empêcher la fermeture probable d’une classe (l’effectif du SIVOS atteignait 70 élèves), il a été décidé de la création, dans la classe maternelle, d’une garderie périscolaire à Vouzeron Une animatrice : Mme Dominique GODARD a été embauchée pour la circonstance.
Dans le même temps, la Municipalité de Vouzeron, qui avait favorisé l’érection de pavillons locatifs dans son lotissement du Champ Luseau, a permis également d’enrayer le phénomène.
En 2002, l’augmentation constante des effectifs (jusqu’à 19 enfants) de cette structure contraignent le SIVOS à engager une animatrice stagiaire (Melle Aurélie DEZELU).
2004 devrait voir la garderie déménager dans l’ancienne salle paroissiale réhabilitée par la commune de Vouzeron. Le fonctionnement en sera assuré par le SIVOS. Ainsi une structure indépendante du milieu scolaire habituel verra le jour pour le plus grand bien de tous.

La rentrée scolaire 2003-2004 a vu l’arrivée de 2 nouvelles enseignantes :
– Melle Marion TAIANA à la direction de la classe des CP à Vouzeron, en remplacement de Mme JEANNIN qui a fait valoir ses droits à la retraite.
– Mme Isabelle LE BUHAN pour les cours élémentaires, à St Laurent, en remplacement de Mme BITAUD-DUMAS qui a obtenu sa mutation à l’école de Mehun-sur-Yèvre.

L’ASSOCIATION DE PARENTS D’ÉLÈVES ST LAURENT-VOUZERON (APESLV)
Évoquée précédemment, la venue de cette association dynamique a su, dès le départ, faire le lien entre l’école et les élus. Elle a proposé de nombreuses activités récréatives, notamment des kermesses de fin d’année, les arbres de Noêl, des rifles, des cafés-théâtre en 1988 et 1989. Ces activités lui permettent de cofinancer les séjours et les sorties extra-scolaires.

Image42© 2004 Denys GODARD

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Histoire des écoles (période de 1940 à 1970)

En 1942, les 2 classes fonctionnent à nouveau : Mme THOUIN dirige l’école de filles (du bas) et Melle RAQUIN, celle des garçons (du haut). Ces 2 classes étaient mixtes.
En novembre 1943, Melle RAQUIN, indique que les manœuvres allemandes empêchent les enfants de se rendre à l’école.
En 1944, Melle Simone NERRAND remplace Melle RAQUIN et dirige l’école de garçons (CP, CE1 et CE2) tandis que Mme THOUIN instruit les CM1, CM2 et FE. En 1945, Mr Robert HABAULT (prisonnier de guerre), remplace Mme THOUIN, pour une année car la classe va fermer. Mme NERRAND va diriger désormais l’école de filles, et l’école des garçons deviendra une salle des fêtes.

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Durant les décennies 50/60, la classe unique de l’école de Saint Laurent verra les enseignant(e)s suivantes se succéder :
• Melle GAUDY
• Melle COUTANT
• Melle BESSE
• Mr André LÉGER
• Melle Anne-Marie FOULON (septembre 63/juillet 66)
• Mr Étienne DELATTRE (septembre 66/juillet 69)
• Mr Jacques RIFFAULT (année 69/70)
• Melle Mireille MÉRIGNAT (année 70/71)
Pour les parents, cette situation nuit à un suivi optimum de l’enseignement et beaucoup d’enfants seront scolarisés à Vouzeron ou à Vignoux-sur-Barangeon.

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La valse des enseignants va se succéder durant les décennies 50-60 et certaines années scolaires en verront parfois plusieurs. Pour les parents, cette situation nuit à un suivi optimum de l’enseignement et beaucoup d’enfants seront scolarisés à Vouzeron ou à Vignoux-sur-Barangeon.

Histoire des écoles (période de 1900 à 1940)

Les manufactures et forges créées à Foëcy, Mehun-sur-Yèvre ou Vierzon vont attirer la main d’œuvre des campagnes et provoquer la désertion du milieu rural. La baisse des effectifs scolaires en est la preuve :

Image10Une Loi de 1901 prévoit l’interdiction des Congrégations enseignantes. Le Conseil municipal du moment, afin d’éviter la fermeture de l’école religieuse (car dans l’impossibilité financière d’avoir pu faire construire une école de filles) va, d’une part instruire un projet d’édification de cette nouvelle école et, en attendant, faire autoriser la nomination d’une institutrice (non religieuse mais tout de même choisie par la Congrégation des sœurs de la Pommeraye) afin d’enseigner aux jeunes filles. Bien entendu, cette autorisation fut assortie, de la part de cet établissement, à la gratuité des cours.

En 1903, Henri ALIGON succède à Denis POUPAT. Ce dernier, laïc convaincu, ne va pas attendre la construction d’une école publique de filles et va instituer cette année– là l’école mixte à Saint Laurent. Mais seules, deux jeunes filles vont la fréquenter : les siennes.

Image11La Loi de 1905 va abolir le Concordat de 1801 et promulgue la séparation de l’Église et de l’État.
Les travaux de construction de la nouvelle école vont bon train et la nouvelle classe accueille les filles à l’automne 1907. C’est à Melle CLAVIER (épouse LEBRET) que reviendra la tâche d’enseigner cette année là.
Melle Berthe PILET va lui succéder de 1913 à 1921, puis Melle Aurélia TURPIN (épouse RONDET), de 1921 à 1929. On notera que, Aurélia TURPIN (qui figure en tant qu’élève sur le cliché ci-dessous), est originaire d’une grande famille de Saint Laurent. C’était en effet la sœur, entre autres, de Fernand et Pierre TURPIN, disparus il n’y a pas si longtemps. L’école des filles sera ensuite dirigée par Melle Solange HERVÉ (de 1929 à 1931) puis par Melle Suzanne JUDEAU (de 1931 à 1934), tandis que l’école des garçons voyait le départ d’Henri ALIGON en 1928 pour une retraite Mehunoise, remplacé, de 1928 à 1934 par Mr THEURIER.

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En 1920, le Conseil municipal ouvre une bibliothèque scolaire qui sera également mise à disposition du public.

Image16Quant à l’école privée, et malgré la nomination de deux enseignantes autres que religieuses, cette dernière, qui, entre autres accueillait des orphelines de la région parisienne, fermera à tout jamais ses portes peu après 1919. On pourra noter que la résidence de la Mère supérieure qui dirigeait cet établissement était située à gauche de l’accès à la place de la Mairie et est la propriété actuelle de la famille BOURGEY. Par souci du détail, ci-contre le tableau des enseignantes qui se sont succédées dans cette école.

En 1910, le Conseil municipal décide de la construction d’un préau, d’un vestiaire, ainsi que d’un garde du corps autour de la place de la Mairie qui servait également de cours de récréation. Ces travaux vont s’achever en 1912. Le préau sera contigu à l’angle nord de la salle de classe et le long du chemin communal de Brissons. Un vestiaire fermé fera également partie intégrante du préau.

Image17Les archives municipales nous apprennent que cette nouvelle construction avait été prévue sur la place de la Mairie. Mais, devant des menaces de procès (notamment sur le non-respect du quorum au moment du vote de la demande de subventions et d’emprunts) formulées par Paul CALON (ancien Maire) et LOISEAU (propriétaire de la maison d’à côté (voir schémas ci-dessous), la municipalité de Lucien LACHAZE a du se résoudre à en modifier l’emplacement en le reportant de manière définitive sur une partie du jardin de l’instituteur et du chemin communal de Brissons.
Cette polémique semble avoir été suscitée par Mr LOISEAU (propriétaire de la maison située de l’autre côté du chemin communal et appartenant aujourd’hui à la famille BERNON) qui voyait par l’édification de cette construction, un obstacle visuel avec le bas du village.

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Dans sa séance extraordinaire du 14 décembre 1924, le Conseil Municipal, sous la Présidence de son Maire, Mr Louis SURUN, prend connaissance d’un courrier préfectoral relatif à la suppression de l’une des 2 classes et de transformer l’autre en classe mixte, l’effectif total étant de moins de 30 élèves. « Conseil, après en avoir délibéré, constate que, le 13 décembre, il y avait à l’école de garçons, 20 présents et, à l’école des filles, 14 présentes et que 2 filles d’âge scolaire ne sont pas encore rentrées, de sorte que l’effectif total dépasse le minimum fixé par la circulaire ministérielle. Toutefois, si dans la suite, cet effectif venant à baisser, il y a lieu de supprimer l’une des 2 écoles, le Conseil est d’avis que l’école mixte soit dirigée par un instituteur vu qu’il y a plus de garçons d’abord et ensuite qu’un instituteur peut rendre plus de services à la commune qu’une institutrice ».

Image19Dans se session du 30 décembre 1928, « Maire, Aristide RONDET donne connaissance au Conseil de la décision de Mr l’Inspecteur d’Académie de ne pas pourvoir le poste d’instituteur et de laisser à l’institutrice de l’école des filles la charge des élèves des deux sexes. Considérant que les locaux scolaires actuels ne se prêtent pas du tout à la coéducation des 2 sexes ; que l’exiguïté de la cour d’école de séparer garçons et filles pendant les récréations et qu’ils seront obligés d’utiliser les water-closets communs, condition tout à fait contraire à la morale et au bon sens, le Conseil décide de donner un avis défavorable à cette décision ».
L’école mixte sera instaurée en 1934 avec Melle BORDIER en qualité d’enseignante avec un effectif de 18 garçons et 19 filles. L’année 1935/36 verra Melle Nelly ROCHE enseigner à St Laurent. Avant l’arrivée de Mme MATTHIEU.

Image20La loi du 9 février 1936 prolonge l’obligation scolaire jusqu’à 16 ans.
Face à une classe surchargée, le Conseil municipal demande le rétablissement d’un poste supplémentaire d’instituteur, par des délibérations prises en 1937, puis 1942,
1938 sera l’année de l’arrivée de l’électricité à l’école.

Histoire des écoles (période de 1834 à 1900)

histoirecolUN PEU D’HISTOIRE :
Si Charlemagne était polyglotte, il était néanmoins analphabète. Il a tout de même posé les principes de l’éducation scolaire. Cette dernière était enseignée par des prêtres et l’instruction était à la fois politique, intellectuelle et religieuse.

Il faudra attendre la révolution française et la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, en juin 1793 (L’instruction est le besoin de tous. La société doit favoriser de tout son pouvoir les progrès de la raison publique et mettre l’instruction à la portée de tous les citoyens) pour voir enfin l’idée de favoriser l’enseignement. Ainsi, l’organisation de l’Instruction publique remonte au décret du 30 vendémiaire an II (21 octobre 1793), date à laquelle la Convention institue des écoles primaires dans toutes les Communes. Les objectifs sont alors ambitieux : « enfants reçoivent dans ces écoles la première éducation physique, morale et intellectuelle, la plus propre à développer en eux les mœurs républicaines, l’amour de la patrie et le goût du travail. Ils apprennent à parler, lire et écrire la langue française. On leur fait connaître les traits de la vertu qui honorent le plus les hommes libres, et particulièrement les traits de la révolution française les plus propres à élever l’âme et à les rendre dignes de la liberté et de l’égalité. Ils acquièrent quelques notions géographiques de la France. La connaissances des droits et des devoirs de l’homme et du citoyen est mise à leur portée par des exemples et par leurs propres expériences. On leur donne les premières notions des objets naturels qui les environnent et de l’action naturelle des éléments. Ils s’exercent à l’usage des nombres, du compas, du niveau, des poids et mesures, du levier, de la poulie et de la mesure du temps. On les rends souvent témoins des travaux champêtres et des ateliers. Ils y prennent part autant que leur âge le leur permet ». Mais les gouvernements successifs n’auront ni le temps, ni les moyens de mettre en œuvre ce projet.

La loi du 11 floréal an X (1er mai 1802) et le décret du 17 mars 1808 créent l’Université nouvelle (d’État). La France est divisée en Académies. En fait, le primaire reste aux mains de l’Église, le Secondaire et le Supérieur passant sous le contrôle de l’État.
Sous la Restauration, Louis XVIII crée le Ministère de l’Instruction publique et des affaires ecclésiastiques (1824) qui deviendra plus tard le Ministère de l’Instruction publique. Préparée par le vaste mouvement des Sociétés pour l’Enseignement élémentaire (à partir de 1816) proposé par Victor COUSIN, une Loi dite Loi GUIZOT organisera le 28 juin 1833 l’Enseignement primaire dans chaque commune. Cette fameuse loi donne donc aux communes les moyens de satisfaire leurs obligations (loi du 29 février 1816) de pourvoir à l’Instruction primaire, aux chefs-lieux d’arrondissement une école primaire supérieure et aux chefs-lieux de départements, une école normale d’instituteurs. Cette loi ne prévoit pas l’obligation de la fréquentation scolaire, comprend nécessairement l’instruction morale et religieuse. L’école est donc toujours payante.

LES DÉBUTS DU PRIMAIRE
Le Préfet du Cher demande à la Municipalité de Vignoux-sur-Barangeon de chercher un local afin de loger un instituteur.
Le Comte Henri d’ASSAY, résidant au Château du Blosset entreprend de faire former son régisseur Pierre BOULIN, à l’école normale de Bourges. Au terme de 6 semaines, ce dernier obtient son Brevet d’enseignement, le 1er avril 1834.

Image2Dès cette date, la municipalité de Saint Laurent est sollicitée pour participer à l’imposition extraordinaire nécessitée par la nomination de Pierre BOULIN, en qualité d’instituteur, sur la commune de Vignoux-sur-Barangeon.
Cette année-là, 9 enfants sont pris en charge financièrement (41 francs) par St Laurent pour leur scolarisation.
Mais, considérant que les enfants de Saint Laurent sont trop éloignés du lieu d’enseignement, le Conseil Municipal, dans sa session de mai 1839, demande à celui de Vignoux d’établir l’école à mi-distance des deux agglomérations, soit au Village des Moreaux, par exemple. Ce sera chose faite quelques années plus tard.
« L’unique salle de classe se situe dans un vieux bâtiment au toit couvert de chaume, aux murs de torchis, au sol de terre battue et n’est éclairée que par une petite fenêtre d’environ 40 centimètres carrés ».

La loi CARNOT de 1848 (Seconde République) instaure la fin du monopole universitaire de l’État et la liberté est donnée à l’Église de se substituer au pouvoir de l’Etat afin de « à l’éducation la puissance de la religion ».

Image3La loi FALLOUX du 15 mars 1850 affirme la liberté de l’enseignement : l’Église a encore un droit de regard et oblige les communes de plus de 800 habitants à entretenir une école primaire de filles. Mais ce n’est pas le cas à St Laurent.
Localement, l’application de cette loi a incité, en 1854, le Recteur de l’Académie du Cher à s’adresser au Délégués Cantonaux en leur demandant « ’aidés des Maires et des Curés, ils fassent un examen détaillé de toutes les écoles publiques de leur circonscription… La famille de l’instituteur doit servir de modèle…. La propreté et l’ordre doivent régner dans la maison de l’instituteur et dans sa classe… qui doit mener avec exactitude les enfants aux offices…. La religion est la base même de la Société, de la morale…. »
Les registres de délibérations nous apprennent que la Municipalité a financé la scolarisation de 3 élèves en 1858/59, 4 élèves en 1859/60, 4 élèves en 1860/61 et 4 élèves en 1861/62.

Image4UNE ÉCOLE À ST LAURENT
Ce n’est qu’en 1864, qu’une Mairie-école sera construite sur le communal de la Grande Croix. Elle se compose d’1 chambre à feu, 1 cuisine, 1 classe de 26 m2 prévue pour 30 élèves, 1 salle à manger, 2 cabinets, 1 jardin et une pièce pour la mairie (emplacement actuel). L’inventaire effectué lors de la prise de possession des locaux fait remarquer qu’il manque : 1 Christ, 1 image
de la Sainte Vierge et un buste de l’Empereur (Napoléon III).

1864—VICTOR-LOUIS BOULIN : 1er INSTITUTEUR NOMMÉ À SAINT LAURENT
Le premier instituteur de Saint Laurent qui prend ses fonctions le 1er novembre 1864 se nomme Victor-Louis BOULIN. Il est né à Vignoux-sur-Barangeon le 24 janvier 1842 et tiendra son poste jusqu’au 31 août 1866.
Cette année-là, 20 élèves seulement vont fréquenter l’école.
Mais l’un des plus grands obstacles à la propagation de l’enseignement dans la région est l’obligation pour les parents de payer l’instruction des enfants. Beaucoup de familles ne pouvant pas payer cette rétribution personnelle, les communes prennent alors en charge certains élèves de milieu pauvre, dits élèves gratuits.
En 1865, 34 élèves fréquentent l’école (24 garçons, dont 4 gratuits et 11 filles, dont 4 gratuites).
En 1866, 35 élèves fréquentent l’école (22 garçons, dont 6 gratuits) et 13 filles (dont 2 gratuites). 107 enfants en âge d’être scolarisés ne sont pas venus à l’école.

Image5Le 1er octobre 1866, Pierre BOUET remplace Mr BOULIN.
En 1867, 47 élèves fréquentent l’école (34 garçons, dont 15 gratuits) et 16 filles, dont 7 gratuites. 123 enfants en âge d’être scolarisés ne sont pas venus à l’école. Pierre BOUET quitte St Laurent, le 30 novembre 1868.

La loi DURUY de 1867 fait obligation pour les communes de 500 habitants et plus, d’ouvrir une école de filles. Saint Laurent en fait partie puisque les recensements de 1866 et de 1872 dénombrent respectivement 573 et 598 habitants. Mais, faute de moyens et déjà largement endettée par la construction de la Mairie-école, du presbytère et du cimetière, la Commune n’a, de toute évidence, pu faire face à cette dépense supplémentaire.

Image6Pierre BOUET est remplacé le 1er décembre 1868 par Pierre CORTAT.
En 1868, 46 élèves (28 garçons, dont 18 gratuits et 18 filles, dont 8 gratuites). 132 enfants en âge d’être scolarisés ne sont pas venus à l’école.

Malgré de gros efforts financiers municipaux en faveur des plus démunis, l’absentéisme demeure toujours très important. La raison tient aux mœurs et aux habitudes individualistes des habitants et à des causes économiques : le monde rural du siècle passé ne saisit pas encore les bienfaits de l’instruction, celle-ci ne pouvant pas se monnayer immédiatement. Les parents de ces enfants étant complètement ignorants eux-mêmes et, par suite voués corps et âmes au culte des intérêts matériels. La plupart, cultivateurs ou journaliers, ne peuvent s’imaginer que l’instruction puisse procurer à leurs enfants, l’avantage de récolter plus de grains, ni diminuer leurs frais ou d’augmenter leurs salaires. Alors à quoi sert de lire et écrire puisque les champs n’en seront pas plus fertiles ou que les bœufs n’en seront pas mieux gardés pour autant. De plus, les enfants sont autant de bras nécessaires à la saison des récoltes et des travaux des champs.

Image7Jean ROGER (né le 10 février 1844 à Farges-en-Septaine) succédera à Pierre CORTAT, le 1er octobre 1869.
En 1869, 49 élèves (31 garçons, dont 24 gratuits et 18 filles, dont 10 gratuites). 120 enfants en âge d’être scolarisés ne sont pas venus à l’école.
En 1870, 56 élèves (34 garçons, dont 24 gratuits et 22 filles, dont 14 gratuites). 127 enfants en âge d’être scolarisés ne sont pas venus à l’école.
Cette année-là, 18 adultes pourront suivre des cours du soir grâce à un don de 50 Francs octroyé par Édouard PERROT (Maire de la Commune). Par ailleurs, le 1er janvier, Marie GAUTIER (épouse de l’instituteur) est nommée Directrice des travaux à l’aiguille.
En 1871, 53 élèves (dont 38 gratuits). 115 enfants en âge d’être scolarisés ne sont pas venus à l’école.
En 1872, le Conseil Municipal décide d’étendre la gratuité des cours à tous les enfants de la Commune. 81 élèves (dont 48 garçons et 33 filles) vont en profiter. 120 enfants en âge d’être scolarisés ne sont pas venus à l’école (47 garçons et 73 filles).

Devant les problèmes de sur-fréquentation de la classe (qui ne l’oublions pas, était prévue pour recevoir 30 élèves, il est décidé d’adjoindre une salle plus grande au bâtiment existant. Ce qui, par la même occasion, permettra d’agrandir le logement de l’instituteur, trop exigu.

Image8En 1872, les travaux de l’agrandissement de la maison d’école vont se poursuivre pour s’achever en 1873. Ils vont permettre une aile sur la droite du bâtiment existant (soit 56 m2 de surface utile, contre les 24 m2 de la salle antérieure).
En 1873, 83 élèves (47 garçons et 36 filles) fréquentent l’école mais 113 (54 garçons et 59 filles) restent chez eux.
En 1874, 86 élèves (44 garçons et 42 filles) fréquentent l’école mais 103 (48 garçons et 55 filles) restent chez eux.
En 1875, 94 élèves (48 garçons et 51 filles) fréquentent l’école mais 99 (48 garçons et 51 filles) restent chez eux.
En 1876, 89 élèves (47 garçons et 42 filles) fréquentent l’école mais 117 (50 garçons et 67 filles) restent chez eux.
L’obligation imposée à la Municipalité de construire une école de filles va conduire Paul Calon (Maire et Châtelain-fondateur du château de Mamets) à ériger, à ses frais, une structure privée car la Commune n’avait pas les ressources financières nécessaires pour la réaliser. Ainsi, une immense bâtisse va s’élever à côté de la Mairie-école et toujours sur le Communal de la Grande Croix. La Direction et l’enseignement seront confiés aux sœurs congréganistes « la Providence de la Pommeraye » (Maine et Loire). L’ouverture a lieu le 30 octobre 1876.
En 1877, la Commune fait élever un appentis derrière l’école afin de constituer un abri servant de préau pour les élèves ainsi que pour entreposer le bois de chauffage de l’instituteur.

La loi du 26 mars 1882 impose l’obligation scolaire et la laïcité devient le principe fondateur de l’enseignement. Désormais, « l’instruction primaire est obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de 6 ans révolus à 13 ans révolus ».

Jean ROGER cesse ses fonctions d’instituteur le 30 septembre 1882. Il est remplacé par Denis POUPAT, le 1er octobre de cette même année. (les archives nous apprennent qu’il est né à MONTLOUIS, le 28 avril 1842 et qu’il assurait de plus la fonction de Secrétaire de Mairie) et que 62 garçons ont fréquenté l’école.
1883 : 68 garçons
1884 : 61 garçons
1885 : 69 garçons
1886 : 68 garçons

La loi GOBLET de 1886, imposant l’enseignement laïc va obliger le Conseil Municipal, et malgré de nombreux courriers préfectoraux, à édifier une école de filles laïque, dans le Bourg, en contrebas de la Mairie. En réalité, la sécularisation de institutrices se fera lentement, selon la disponibilité de formation proposée par les écoles normales créées en 1879.

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