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Histoire de la commune de 1850 à 1900

Le recensement de l’année 1846 indique 525 habitants.

Le 3 février 1850, malgré de faibles ressources, le Conseil Municipal débloque une somme de 7 000 francs (2 000 francs pris sur les fonds propres de la Commune, 4 000 francs à prendre sur la vente de communaux et 1 000 francs à percevoir par le biais des 4 contributions) afin de permettre la reconstruction de l’église paroissiale, dont le devis estimatif s’élève à 18 000 francs. Afin de réunir les 11 000 francs restants, le Conseil propose de les demander, sous forme de subvention, au Ministre des Cultes.

Lors de sa session du 24 Mai 1850, le Conseil vote un impôt extraordinaire de 200 francs afin de payer le salaire du garde-champêtre puis propose 3 journées de prestations additionnées de 5 centimes destinées à réparer les chemins de Saint Laurent à Chaumoux, à Belle Chère (aujourd’hui Belle chasse), à la Margauderie et enfin celui des Jourdains à la Forêt.

Le 26 Mai 1850, le Maire informe le Conseil que Monsieur le Préfet incite la commune à vendre des communaux supplémentaires afin de trouver des ressources nécessaires à la reconstruction de l’église (soit 4 000 francs). La demande de subvention était sans aucun doute trop importante. Le Conseil décide alors d’aliéner les communaux suivants :
– 2 pièces situées au Crot du Boulot
– 1 pièce située à la Noue d’Amour
– 3 pièces situées à la Noue des Ascents
– la moitié de 3 pièces situées à l’Eguzon
– 1 pièce située au Taillis du Bonhomme
– 1 pièce située au Gué des Landes
– 1 pièce située à la Noue Bernard
– 1 pièce située aux Chétifs Prés
– Partie d’une pièce située au Boulot
– Partie d’une pièce située au Ravoy
Le tout d’une contenance de 22 ha 69 a et 6 ca

Le 7 mai 1852, le Conseil Municipal prête serment d’obéissance à la Constitution et fidélité au Président en vertu des dispositions de la Constitution. Le Président de la Seconde République (1848-1852) n’est autre que Louis-Napoléon BONAPARTE avant que ce dernier ne devienne l’Empereur Napoléon III.

Le recensement de 1851 nous fait état de 531 habitants répartis comme suit :

tableau_Lieux
Les années municipales 1851 et 1852 voient le vote annuel du salaire du Garde-champêtre, le vote des droits de pacage sur les communaux ainsi que la désignation et les tarifs des 3 journées de prestations (entretien des chemins vicinaux et des fossés entre autres). Le Préfet informe la Municipalité de projet d’établissement de voiries nouvelles (Chéry à Neuvy sur Barangeon et Vierzon à Saint Martin d’Auxigny)

Le 27 juillet 1852, Pierre le Marchand est nommé Maire de la Commune par le Préfet. Il va jurer obéissance à la Constitution et fidélité au Président.

Le 29 août 1852, le Maire expose au Conseil que le cimetière de la Commune (situé entre l’église et des maisons) est devenu insuffisant et insalubre.

Projet de déplacement du cimetière

Le 29 août 1852, suite à la constatation de l’exiguité et de l’insalubrité du cimetière jouxtant l’église, le conseil décide d’étudier le transfert de ce dernier sur le communal de la Grand’ Croix situé à la sortie du bourg (côté Vouzeron).

Le conseil décide également de vendre 60 merisiers poussant sur ce communal ainsi qu’un petit terrain situé à la Margauderie afin de trouver les ressources nécessaires à la réfection du chemin d’intérêt commun N° 10 (de Chéry à Neuvy)

Résultats des élections municipales du 12 septembre 1852

Inscrits : 129

Votants : 95

Nuls : 2

Exprimés : 93

Sont élus :

Ursain LOISEAU (propriétaire à la Grand’ Croix) : 93 voix

Mathurin CARRÉ (Garde forestier au Village Brûlé : 92 voix

Jean SEBEAULT (Cultivateur aux Lièvres) : 91 voix

Pierre RAMAIN (Cultivateur aux Poteries) : 91 voix

Jean CHAGNON (Laboureur à Chaumoux) : 90 voix

Jean BEAULANDE (Laboureur aux Dez) : 90 voix

Guillaume ROZAY (Journalier au Bourg) : 89 voix

Claude BOUQUIN (Propriétaire aux Jourrdains) : 83 voix

Michel GEORGEON (Colon à la Camuserie) : 67 voix

Jean BEAUBOIS (Colon à la Margauderie) : 67 voix

Bertrand LACHAZE (Horloger à Mehun) : 61 voix

Jacques VIGIER (Boulanger à Vierzon) : 61 voix

Les 10 octobre et 14 novembre 1852, il est procédé à l’installation du nouveau Conseil Municipal ainsi que de l’adjoint selon les directives du Préfet. Ursin LOISEAU est désigné adjoint

Chose curieuse, Pierre le Marchand (propriétaire à l’Ormoy) qui n’avait pas obtenu les suffrages suffisant pour être élu, est maintenu au poste de Maire par l’autorité préfectorale.

Dans sa session du 12 mai 1853, le conseil vote un certain nombre de travaux (réparation des murs du cimetière, du clocher ainsi que la chapelle qui le supporte, entretien et réparation du chemin N° 10, frais de bornage). Dans la perspective de la réédification de l’église et afin de se constituer des ressources, la municipalité décide d’instaurer un droit pacage pour tous les bestiaux paissant dans les communaux. Quant à l’entretien des chemins, il est voté 3 journées de prestations et 5 centimes spéciaux.

L’étude du compte administratif 1853 nous apprend qu’une somme de 67,75 francs a été affectée à l’activité scolaire. A cette époque, l’école qui était dirigée par un instituteur de Vignoux se situait aux Moreaux (à mi-distance des 2 communes). La description en était ainsi faite : « l’unique salle de classe se situe dans un vieux bâtiment au toit couvert de chaume, aux murs de torchis, au sol de terre battue et n’est éclairée que par une petite fenêtre d’environ 40 centimètres carrés ».

Un nouveau cimetière

Le 23 avril 1854, en raison de risques de pollution des eaux de la source du centre du village (fontaine bleue ou de la grande maison) le Conseil refuse le choix de l’implantation du nouveau cimetière à la Grande Croix. En réalité, Ursin Loiseau (l’adjoint) voyait d’un mauvais œil la proximité de ce cimetière près de sa maison d’habitation. Ce dernier propose au Conseil de céder à titre gracieux (après un arrangement avec Claude Bouquin) 20 à 25 ares sur une pièce de terre d’une contenance de 1ha21a située au lieu-dit la Lande (voir plan ci après). A l’unanimité, le conseil accepte cette proposition.

Le 28 novembre 1854, afin d’acquérir les parcelles nécessaires à la construction de la route de Chéry à Neuvy (classé chemin d’intérêt commun), le Conseil propose de vendre un terrain communal de 59a60ca appelé « la Pornette » avec une mise à prix de 175 F. Afin de trouver les fonds nécessaires à la construction des murs ainsi que de la grille du nouveau cimetière, il est admis le principe de vendre le communal du Ravoy d’une contenance d’environ 7 hectares.

clip_image002Le 18 février 1855, le Conseil décide de voter une somme de 1700 francs destinée au travaux du nouveau cimetière, selon le devis proposé par l’entreprise de maçonnerie CATINAT, de Mehun sur Yèvre.

Résultats des élections municipales du 22 juillet 1855

.Inscrits : 115

Votants : 65

Sont élus :

Pierre LE MARCHAND(propriétaire à l’Ormoy) : 65 voix

Ursin LOISEAU (propriétaire à la Grand’ Croix)) : 65 voix

Claude BOUQUIN (propriétaire aux Jourdains) : 65 voix

Pierre RAMAIN (cultivateur aux Poteries) : 65 voix

Jean BEAULANDE (laboureur aux Dez) : 65 voix

Jean SEBEAULT (cultivateur aux Lièvres) : 65 voix

Michel GEORGEON (colon à la Camuserie) : 65 voix

Hippolyte DANLOS (cultivateur au Boulet) : 65 voix

Jean CHAGNON (laboureur à Chaumoux) : 64 voix

Pierre-Joseph RICHARD (propriétaire à la Roche) : 64 voix

Paul MOULINIER (cabaretier au Bourg) : 64 voix

Charles SIROT (colon à Mamets) : 64 voix

Le Conseil est installé le 12 août 1855. Pierre le Marchand et Ursin LOISEAU sont toujours institués respectivement dans leurs fonctions de Maire et d’Adjoint.

clip_image0042Création du chemin d’intérêt commun N° 10

Dans son programme de désenclavement et d’assainissement de la Sologne, l’Empereur Napoléon III a proposé l’ouverture d’un certain nombre de voies de communication appelées également routes agricoles. Le chemin d’intérêt commun N° 10 (de Chéry à Neuvy) faisait partie de ce programme. Les communes concernées devaient permettre l’emprise de la future voie et par conséquent supporter toutes les dépenses d’échanges, d’achat ou d’expropriation du parcellaire nécessaire.

Ainsi, lors de sa séance du 11 novembre 1855 , le Conseil a du voter une somme de 500 francs à prendre sur les fonds libres afin de curer la partie du ruisseau le Guzon sur lequel un ponceau devait être établi (partie du Bourg à la limite avec Vignoux sur Barangeon—voir plan ci-dessus )

Reconstruction de l’église (1855-1856)

Pendant ce temps, les travaux de reconstruction de l’église se poursuivent . Ils ont débuté depuis quelques mois et se sont poursuivis jusqu’en 1856. Ces travaux, d’un montant de 10 000 francs (somme énorme à l’époque) furent financés par la vente de 20 hectares de communaux (4 100 francs) ainsi que par les secours du gouvernement (3 000 francs). Les travaux ont été confiés à l’Entreprise Hyppolite LAFAY de Mehun-sur-Yèvre et suivis par l’architecte E. SOUPIRON, de Bourges. En avril 1855, un acte notarié nous informe que, suite au décès d’Hyppolite LAFAY, sa veuve a cédé le marché à Jean BORDEAUX (charpentier à Mehun) afin de terminer les travaux. S’ensuit la description faite par le curé Victor-René MAUBERT, en 1870 et qui exerça à Saint Laurent à compter du 24 mai 1864 :  »L’édifice est bâti sur le même emplacement et sur les même fondations. Quelques parties des anciens murs salpêtrés ont été conservés dans un soucis d’économies. Il a été conservé également plusieurs des anciens piliers en grosse maçonnerie qui attestent l’antiquité de l’ancienne chapelle. L’église nouvelle est, comme celle qu’elle a remplacé, sous le vocable de Saint Laurent et n’a pas de patron secondaire. On pourrait ajouter également quelle n’a pas de style et, si l’on pouvait lui en attribuer un, ce serait plutôt le roman. L’église est centrale, orientée suivant l’usage et le chevet est dans l’axe. Elle n’a qu’une seule nef. Une chapelle située à gauche est dédiée à la Sainte Vierge. Le sanctuaire est percé de trois fenêtres. L’autel est en pierre de la forme la plus simple : on pourrait dire un autel primitif. Une pierre, longue de 2,25 mètres et large d’ 1 mètre, supportée en avant et sur les côtés par 3 pierres de 10 centimètres d’épaisseur, sans aucun ornement; il est surmonté de deux gradins également en pierre, au milieu desquels s’élève le tabernacle. Dans la chapelle de la Sainte Vierge, à la gauche du chœur, est un autel en bois avec moulure.

Comme monument, l’église n’a rien qui puisse attirer l’attention. Elle mesure en long, dans œuvre, du sanctuaire à la porte d’entrée 23 mètres et en large, chapelle non comprise, 7 mètres. La hauteur sous voûte est de 8,60 mètres. Elle peut contenir 300 personnes; à peu près la moitié de la population de la paroisse.

La voûte est en plâtre. Le sanctuaire et le chœur sont pavés en dalles avec un petit carreau en ardoise aux angles de jonction. La nef est pavée en carreaux à 6 pans. Dans le milieu et dans toute la longueur de la nef, il y’a un sentier dallé.

Le clocher, placé à l’entrée de l’église, n’a qu’une seule cloche qui n’offre pas de millésime, mais sur laquelle on lit en caractères gothiques cette inscription :SANC : LORANC : ORA : NOBIS : AD  DEUM : Puis, à la suite, sans empreintes, deux médailles de la grandeur d’une pièce de cinq centimes dont il est impossible de déchiffrer le caractère… ».

Aujourd’hui, nous sommes plus à même d’apporter des précisions à la description faite par le curé Maubert. Robert Gauchery, dans les mémoires de l’union des sociétés savantes de Bourges (1958), s’est penché avec attention à l’examen de cette cloche d’une dimension de 0,585m pour la hauteur et de 0,60m pour la largeur de la base. « …Cette cloche n’est pas datée mais les lettres de l’inscription sont des majuscules qui rappellent de très près l’alphabet en usage depuis le XIIème siècle. La ponctuation est constituée par 3 points posés verticalement entre chaque mot. Une croix pattée flanquée de quatre rayons précède l’inscription. Deux médailles la terminent. Chaque médaille contient au centre, une cloche flanquée de deux étoiles à 6 branches, avant l’inscription formant légende sur le pourtour. C’est, semble t’il, une marque de fondeur. Tous ces meubles sont nettement inscrits sur des dosserets qui montrent que chaque lettre ou élément décoratif, a été obtenu par application de tablettes indépendantes faisant partie d’un matériel de fondeur. Les inscriptions en sont les suivantes : SANCTI : LORAMCI : ORA : PRO : NOBIS : AD  DEUN …les 2 médailles ornementales doivent faire partie du matériel de l’artisan; il en faudrait déchiffrer les légendes pour attribuer une date à cette cloche placée sûrement vers la fin du XVème siècle ».

Fin des travaux de reconstruction de l’église –

clip_image006La session du 10 février 1856 propose un ordre du jour intéressant. En premier lieu, le Maire informe le Conseil que les travaux de reconstructions de l’église sont  »..suffisamment avancés pour lui laisser l’espoir que la messe pourrait y être célébrée le lundi de Pâques 24 du mois de mars prochain mais, pour que cette espérance puisse se réaliser, il est de toute nécessité d’acheter les ornements et objets indispensables d’après un relevé de ces dits objets fait sur les indications de Monsieur le Curé de Vignoux : une lampe et son contrepoids en cuivre argenté, un bénitier et son goupillon, une croix au-dessus du tabernacle et 6 chandeliers, le tout en cuivre argenté, un calice dont sa coupe en argent, les burettes et leur plateau argenté, un ciboire avec sa coupe en argent (la coupe et le couvercle dorés en dedans, vase aux saintes huiles en argent, une sonnette en cuivre argenté, 5 chasubles (verte, blanche, violette, rouge et noire) avec étoles, manipules, voiles, bourses, 2 étoles pastorales (dont une noire à galon blanc et une blanche d’un côté et violette de l’autre pour enterrements, baptêmes et enterrements des enfants, 4 chandeliers en bois peints en noir avec filets blancs pour enterrements, une croix en bois peinte en gris, un drap des morts et un devant d’autel, noir, 2 aubes de baptême en mousseline, 2 surplis romains en mousseline, 1 missel et son pupitre, les 3 cartons d’autel pour évangile, 2 exemplaires de livres des chants pour les offices des morts, 2 petits chandeliers et leurs souches pour basse messe… ». Le tout pour une somme de 800 francs. Dans le même temps, le conseil vote une somme de 200 francs afin d’indemniser le curé desservant pour une plus grande disponibilité dans la nouvelle église (instruction des enfants). Le maire propose également de réfléchir sur la construction d’un presbytère dont les fonds pourraient être obtenus par la vente de communaux.

Deux tracés pour le nouveau chemin d’intérêt commun N° 12

Au cours de même Conseil du 10 février 1856, le Maire rappelle que depuis longtemps il est question d’un chemin d’intérêt commun N° 12 de Vierzon à Saint Martin d’Auxigny (actuelle route d’Allogny dont 2 tracés avaient été proposés : l’un passant par Saint Laurent au domaine des Planches (tracé N° 2 et l’autre, passant par Chaumoux depuis les Moreaux (tracé N° 1). L’enquête publique diligentée par le Préfet depuis septembre 1855 s’est terminée le dimanche 6 janvier 1856. Il en est résulté qu’une seule déclaration s’est prononcée pour le tracé N° 1 et que 46 autres pour le tracé N° 2. Considérant que le tracé N° 1 ne desservirait pas le Bourg, donc une majorité d’habitants, le Conseil porte son choix sur le tracé N° 2.

En séance extraordinaire du 7 mars 1856, le Conseil autorise le Maire de mettre en adjudication les travaux de clôture du nouveau cimetière selon le devis présenté par le Sieur GODENOT, maçon à Mehun-sur-Yèvre.

Le 14 avril 1856, le conseil autorise le Maire à rechercher une solution amiable pour acheter le terrain nécessaire à l’édification du nouveau Presbytère dont une partie de la somme (estimée entre 7 000 et 8 000 francs) devra être assurée par la vente de communaux.

Le 18 mai 1856 le conseil vote une somme de 114,50 francs destinée à indemniser les propriétaires de terrains sur lesquels des extractions de cailloux ont été effectuée, dans le but d’empierrer le chemin d’intérêt commun N° 10 (au titre des années 1852, 1853 et 1854. Il vote également une somme de 12 francs afin d’indemniser le Sieur Millet suite au passage sur ses terres de chargements de cailloux extraits à la Pornette destinés au chemin d’intérêt commun N° 10.

Le 6 juillet 1856, le Conseil autorise le Maire à ester en Justice contre des propriétaires indélicats de Chaumoux qui considèrent comme leur bien propre, 4 parcelles de communaux où il entendent jouir d’un droit de pacage gratuitement.

Le 6 juillet 1856, considérant que les finances de la commune sont au plus bas en raison des dépenses d’investissement engagées ou prévues (reconstruction de l’église, clôture du nouveau cimetière, construction d’un presbytère, ornements de l’église), le conseil décide de ne pas donner suite aux directives préfectorales qui demandaient aux commune de participer à un service médical départemental, dans le but d’assurer gratuitement les soins et médicaments aux malades indigents des campagnes.

Un nouveau presbytère (dans l’ancien)

clip_image002Le 10 août 1856, le conseil vote une somme de 1 500 Francs afin de solder les travaux de reconstruction de l’église ainsi que les honoraires de l’architecte. Il prévoit également une somme de 500 frs à affecter à la confection de bancs. Le Maire, animé d’un souci d’économie propose au Conseil l’acquisition (à l’amiable ou par expropriation) des bâtiments ayant servi autrefois de presbytère et appartenant à Sylvain Pornin meunier aux Fourneaux, demeurant à Prély. Pour ce faire il propose la vente de bien communaux (des Bourands à la forêt, le communal des Bourands, le communal des taillis du bonhomme, la pièce des Bergeries, la pièce de la Pornette,) soit plus de 3 hectares.

Il est également accepté le principe de curage et l’élargissement du ruisseau dit »l’éguzon » situé entre le Crot à la Louise et la limite de la commune de Vignoux en raison de la construction d’un aqueduc sur le chemin d’intérêt communal n° 10.

Un retour en arrière sur la Cure et ses curés (d’après le curé Maubert 1872)

« La cure de Saint-Laurent-sur-Baranjon a toujours fait partie de l’archevêché et l’archidiaconé de Bourges, et c’est actuellement l’une des succursales du doyenné de Mehun-sur-yèvre. La paroisse de Saint Laurent a eu successivement pour curés :

– M. Gendrault en 1630

– M. Gillot-Bézard en 1640

M. François de Dignan en janvier 1650. Il est mort à Saint Laurent, le lundi 23 novembre 1679, et fut inhumé le mardi suivant, dans l’église, à l’entrée de la petite porte, devenue l’autel de Notre-Dame, ainsi que le constate l’acte qui suit : le mardi 23 novembre, a été inhumé dans cette église, François de Dignan, son frère, de Bourges, par moi soussigné, prêtre commun à la cure. Signé, Béchereau.

– M. Conneaux succéda le 1er décembre 1679

– M. Bardin fut curé en janvier 1685

Au mois de décembre 1618, l’église fut interdite; j’ignore pour quelle cause. C’est M. Léger, curé de Vignoux-sur-Baranjon, qui est chargé du soin de la paroisse jusqu’au mois d’août 1719.

– En août 1719, M. Bouret, chanoine de la Ferté Imbault, est nommé curé de Saint Laurent. Il meurt le 31 mai 1730, à l’âge de 61 ans, et est inhumé dans le cimetière, à la grande porte de l’église par M. Pichon, curé de Vignoux, en présence de M.M. les curés de Foëcy, d’Allogny, et de M. François Pineau, chanoine de Mehun.

– M. Simon le remplaça en juillet 1730, et fut appelé au mois de septembre de la même année à la cure de Villefranche.

– M. La Denise le remplaça en octobre 1730.

Au mois de janvier 1731, on voit comme curé M. Chevry.

– Au mois de février 1750, M. Aufrère.

– En avril 1751, M. Serquent de Haubran.

– En juin 1762, M. Corbin

– En août 1787, c’est M. Corbin, Jacques-Joseph, qui signe les registres. Au mois d’avril 1791, et le 16 de ce mois, il prêta serment à la constitution civile du Clergé, entre les mains de Bouquin fils, Maire de la commune. La déclaration de ce serment est écrite de sa propre main; puis le 25 nivôse, an II (17 janvier 1794), il se marie à l’âge de 32 ans avec une jeune fille de 23. Et c’est encore lui qui dresse et signe son acte de mariage.

– Le 25 prairial an III de la république (15 juin 1795), le citoyen Jacques Chaumard-la-Croix, en vertu de la loi du 11 prairial, même année, sur le libre exercice des cultes, et élu par le plus grand nombre des habitants, se fait installer comme Ministre du Culte catholique, politique et romain, par le Maire Bouquin, avec le consentement du Procureur syndic. Le 14 brumaire, an IV, il disparaît, et est remplacé par le citoyen Richer qui se dit ministre du culte catholique, et déclare qu’il se propose d’exercer ledit culte en cette commune, et ce fait installer par l’adjoint Chauveau, choisissant pour exercer son ministère la ci-devant église de ce lieu. Le 18 germinal, an XI, il quitte la commune et disparaît.

– Après la réouverture des églises et le rétablissement du culte, M. Dutar, curé de Vignoux-sur-Baranjon, desservit la paroisse depuis 1802 jusqu’en 1834, et fit les inhumations de Saint Laurent, dans le cimetière de Vignoux (le Vieux Vignoux). Ce n’est qu’à cette dernière époque qu’elles eurent lieu dans le cimetière de Saint Laurent.

– M. Filot desservit la paroisse en 1840, puis M. Roulin, en septembre, même année. Et en 1844, M. Vesnin.

– Saint Laurent fut érigée en succursale le 18 octobre 1848 et M. Victor-René Maubert, fut nommé curé le 24 mai 1864 »

Recensement de 1856

Le recensement de cette année 1856 fait apparaître 509 habitants, soit une baisse de 22 habitants par rapport à celui de 1851.

Novembre 1856 : un nouveau cimetière et projet de construction d’un presbytère

Dans sa session de Conseil du 16 novembre, le Maire nous informe que les travaux du nouveau cimetière sont terminés : fermeture, clôture et croix posée au milieu. Une somme de 1672 francs est votée afin de solder les travaux exécutés par l’entreprise Catinot.

Afin de permettre la création du chemin d’intérêt commun n° 10, la commune a été dans l’obligation d’acquérir plusieurs parcelles pour une somme de 175,87 frs. Cette somme sera compensée par la vente du communal de la Pornette.

Une somme de 375,80 frs est également votée afin de procéder à la confection des 12 bancs de l’église (selon un mémoire du Sieur Gauthier, menuisier à Mehun) ainsi que la clôture des fonds baptismaux.

Le conseil décide ensuite d’étudier la construction d’un nouveau presbytère sur une partie du communal de Beauregard, rejetant ainsi le projet d’acquisition de la propriété Pornin. Une somme de 9 000 francs est débloquée afin de permettre aux Maire de faire face aux premières dépenses telles que la confection des plans et des devis. La vente du communal dit du crot des quatre chênes, d’une contenance de 13ha72a42ca est également votée pour pourvoir à la récupération des fonds nécessaires.

La Fabrique :

Le 5 novembre 1856, Antoine LOISEAU et Antoine BOUQUIN sont désignés membres de la Fabrique.

La Fabrique représente la paroisse en ce qu’elle a de temporel, de permanent. Elle gère le budget paroissial. Elle perçoit les fonds et les utilise. Ses recettes proviennent principalement des revenus des biens (fermages, rentes, loyers….) ainsi que des quêtes, dons, offrandes…A l’aide de ces revenus, la Fabrique se charge des fournitures courantes (huiles, cierges, encens) ou du petit matériel de culte (sonnettes, tableaux d’autel), assume les travaux dans l’église (portes, toiture, cloche).

La dépense concernant la fabrication des bancs de l’église aurait du échoir dans le budget de la Fabrique. Mais, devant l’impossibilité de cette dernière à trouver les ressources nécessaires (n’oublions pas que l’église a de nouveau été livrée au culte depuis peu), le Conseil municipal, dans sa séance du 8 février 1857, décide d’allouer la somme requise.

Presbytère et Maison d’école :

Toujours dans la session de février 1857, le Conseil municipal poursuit sa réflexion sur le projet de création d’un presbytère. Il revient sur l’option d’achat à l’amiable ou par voie d’expropriation de la propriété du Sieur Sylvain Pornin. Le conseil souhaite également de s ‘engager sur la construction d’une maison d’école ainsi que du logement de l’instituteur. Pour trouver les ressources nécessaires, la vente de communaux est envisagée ainsi que la demande d’un secours de 3 000 frs.

Le Maire demande au Conseil d’allouer une gratification de 50 frs au Sieur CLAVIER, ancien garde-champêtre, qui avait du démissionner « par suite de son âge et ses infirmités qui l’empêchaient de faire son service ».

Le Conseil propose de lui donner « quelques bois de l’âge de 10 à 12 ans plantés sur une parcelle de communaux….le tout pouvant produire soixante à soixante dix bourées ».

Le 17 mai 1857, le Conseil vote une somme de 300 frs pour subvenir au traitement d’un nouveau garde-champêtre. Il demande que ce soit un ancien militaire qui en exerce la fonction.

Le Maire fait constater au conseil la précarité de la situation financière de la commune : la reconstruction de l’église, la création du cimetière, les achats de terrains pour l’emprise du chemin d’intérêt communautaire n° 10 de Chéry à Neuvy, les projets de presbytère et de la maison d’école mettent à mal les finances locales. Afin de rechercher des ressources supplémentaires, il est décidé de mettre en vente, les têteaux ainsi que tous les arbres situés sur les communaux et le long des chemins. Un rôle de parcours sera également fixé pour 1858 pour tous les bestiaux qui pacagent sur les communaux. Il vote également une taxe de 12 centimes à prélever sur la race canine. Les dépenses budgétaires pour 1857 furent les suivantes :

– frais de délimitation entre la commune et la forêt domaniale : 14,96 frs

– rétribution de l’instituteur de Vignoux : 129,48 frs

– menuiseries huilées et vernis et peintures faites aux boiseries de l’église (ces travaux avaient été omis dans le devis) :127,10 frs)

– traitement du secrétaire de mairie : 25 frs

– frais de bureau : 30 frs

– curé de Vignoux en tant que desservant : 200 frs

Le conseil demande également au Maire de poursuivre le Sieur CALON (propriétaire du domaine de Mamets) pour les motifs suivants :

– Anticipation faite sur le communal de la Rueze (la Ruesse)-hameau de Chaumoux

– Suppression d’un chemin par anticipation partant de Chaumoux pour rejoindre le chemin partant du Crot du Boulas à la Croix de Chaumoux

– Interception au moyen de deux barrières fermant à clef d’un chemin partant de la commune de Vignoux par Chaumoux et Mamets et allant à Allogny

– Plantation de peupliers entre les fossés, sur le chemin de Vignoux à Allogny

– Plantations de peupliers également plantés entre les fossés sur le chemin de Vouzeron à Mehun.

Le 23 août 1857, le conseil vote une somme de 250 frs afin de procéder au curage et à l’élargissement du ruisseau dit le Crot à la Louise et traversant le communal dit de l’éguson sur une longueur de 400 à 500 m (aujourd’hui, ce ruisseau se nomme le Guzon).

Une discussion autour du presbytère s’établit et plusieurs pistes sont proposées : achat, échanges ou expropriation de l’immeuble Pornin ou recherche d’un autre terrain.

Le Conseil vote également le paiement du prélèvement des hautes herbes qui poussaient sur le communal de l’éguzon et qui, auparavant étaient données gratuitement à usage de confection des litières des bestiaux.

Un habitant de la Margauderie, le Sieur Philippe BERTRAND, propose au conseil, l’achat de plusieurs pièces de terre, d’une contenance totale d’1a et 80ca au prix de 8 frs l’are. Le conseil propose au demandeur :

– de vendre ces parcelles au prix de 120 frs + les frais

– de réparer un chemin de 2 m au moins pour accéder et circuler autour du puits qui existe sur les terrains, à partir du chemin vicinal de St Laurent à Allogny auquel il sera réservé une largeur de 11 m au moins.

Le Conseil, pour terminer, décide de nommer deux de ses membres afin de procéder à l’estimation des têteaux et arbres qu’il se proposait de vendre afin de se créer des ressources.

Le 15 novembre 1857, le Maire (Pierre le Marchand) expose au Conseil que, à l’occasion du bornage du communal du Crot au 4 chênes avec celui du Châtre (canton forestier) par M. THIVALLET, géomètre des forêts, dressé en décembre 1847, 4 ha et 12 a avaient été attribués aux Sieurs DELAVARENNE (propriétaire au Boulet) et DANLOS. Or depuis, aucune indemnité n’ été payée à la Commune. Le Conseil autorise le Maire a faire nommer un expert par le Préfet afin de contraindre, par voie judiciaire, le paiement la somme due à la commune.

Vente du domaine de l’Ormoy :

Le 11 décembre 1857, dans un courrier à son notaire M. De SAIZE, Pierre le MARCHAND (Chevalier d’Honneur et Maire de notre commune de 1848 à 1858), pour des motifs personnels et particuliers, indique qu’il désire vendre sa terre d’Ormoy (composée de l’Ormoy, du domaine des Vigneaux, des Planches, soit 250 ha) pour un prix de 225 000 frs.

Modification du tracé du chemin d’intérêt commun n° 12 (de Vierzon à St Martin d’Auxigny) :

Dans sa session du 10 janvier 1858, le Maire expose au Conseil, le tracé du chemin d’intérêt commun n° 12 (de Vierzon à St Martin d’Auxigny) dans sa partie comprise entre Chaumoux et Mamets a été modifié à l’initiative de Paul CALON (propriétaire à Mamets). S’inquiétant de l’incidence financière que la modification de ce tracé va imposer au budget communal (la commune doit en effet supporter l’ensemble des coûts liés aux frais d’échanges ou d’acquisition de la plateforme de ce nouvel accès). A cet effet, Paul Moulinier et Ursin LOISEAU sont désignés pour rencontrer Monsieur le Préfet, le 17 janvier, et lui exposer les réclamations municipales.

Vente de communaux :

Dans sa session du 20 février 1858, en vue de trouver des ressources pour acquérir la propriété du Sieur PORNIN de Prély (ancien Presbytère et terrains autour) le Conseil municipal, après mise aux enchères, vends une partie de ses communaux aux Sieurx BERTRAND de la Margauderie, DANLOS et DELAVARENNE. Le produit des ventes doit rapporter 11 834 francs.

En Mai 1858, le Conseil affecte, pour 1859 les sommes suivantes :

25 francs : secrétaire de Mairie St Laurent

30 francs : frais de bureau

25 francs : dépenses imprévues

200 francs : curé de Vignoux, desservant la paroisse de St Laurent

Le Conseil accepte un don (80 francs) de Mr RICHARD (conseiller) correspondant à l’extraction de cailloux pour l’entretien des chemins vicinaux.

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29 juin 1858 : Honoré-Edouard PERROT achète le Domaine de l’Ormoy, des Planches, des Vigneaux, des Places pour la somme de 170 000 francs

Nous allons interrompre durant 15 ans la suite chronologique de cette histoire municipale pour nous consacrer exclusivement à l’existence de ce personnage d’exception :

Honoré-Edouard PERROT (26 septembre 1808-29 novembre 1873)

Afin de retracer sa biographie, je ferai appel à de larges extraits rédigés par Nestor CONSIDERANT, un ami de PERROT qui lui a consacré une notice en 1875 (notice qui m’a été aimablement communiquée par le Documentaliste de la Bibliothèque du Parlement Fédéral Belge).

« Honoré-Edouard PERROT naquit à Bordeaux le 26 septembre 1808. Doué d’une intelligence active et pénétrante…Dès l’âge de 14 ans, il s’était déjà initié à la pratique du commerce dans plusieurs maisons importantes de sa ville natale…Puis il partit pour Paris en 1828. » Nous sommes en 1830 et l’agitation politique intense qui régnait à cette époque incita l’homme à l’étude des problèmes politiques, économiques et sociaux. « Il fut très vite à la hauteur de toutes les questions de son temps Cette aptitude, remarquée par tous ceux qui étaient rentrés en relation avec lui, ne tarda pas à trouver son emploi. La révolution de juillet avait fait éclater en Belgique un mouvement analogue. Un premier voyage fait à Bruxelles par M. Perrot, au moment même de la révolution belge, le convainquit de la possibilité d’y mettre à profit ses études politiques et économiques, ainsi que son penchant bien décidé pour le journalisme. La route, moins encombrée qu’à Paris, s’ouvrait toute large devant lui dans ce pays né de la veille à la liberté et à l’indépendance. Il s’établit définitivement à Bruxelles en 1831 ». Il devint correspondant d’une dizaine de journaux de Paris (le Journal des Débats, le Temps, le National et la Quotidienne…) et également des principaux journaux de Bruxelles (le Mémorial, le Moniteur Belge, l’Union, l’Emancipation et le Courrier) avant de se spécialiser dans la publicité, notamment les cours de la Bourse.

« Mais ce fut surtout à l’Indépendant qu’il donna le meilleur de son activité d’esprit dont il était dévoré. Ce journal, dirigé par un autre publiciste français, M. FAURE, représentait dans la presse l’opinion dynastique et constitutionnelle…Les tendances à la fois libérales et gouvernementales de l’Indépendant répondaient aux convictions politiques de M. Perrot, qui devint, en peu de temps, à partir de 1831, le rédacteur principal de cet important organe de publicité. Il fut en outre, vers la même époque, nommé sténographe au Sénat, et conserva ces fonctions pendant plusieurs années ». En septembre 1834, Edouard PERROT racheta à M. FAURE l’Indépendant, devenu l’Indépendance et cessa d’y écrire quotidiennement. Durant une dizaine d’année Edouard PERROT a su étendre la diffusion de son journal à toute l’Europe jusqu’à ce qu’ « …Au mois de février 1856, fatigué de travail et de luttes, il voulut prendre quelque repos, et vendit la propriété de l’Indépendance à une société d’actionnaires »« Sorti de l’Indépendance, M. PERROT crut d’abord qu’il lui serait possible d’habiter Bruxelles. Il prit toutes ses dispositions en ce sens, et procéda même à une installation nouvelle. Mais le vide que laissait dans son esprit la perte d’une occupation de tous les instants était trop grand pour qu’il pût s’y résigner : il s’en aperçut bientôt. Rester à Bruxelles, et ne plus être à l’Indépendance, était pour lui au-dessus de ses forces : il fallait qu’il cherchât un autre emploi à son besoin incessant d’activité. C’est à l’agriculture qu’il le demanda ».

C’est ainsi qu’il acheta, le 29 juin 1858, à Saint Laurent, « … sur les confins de cette Sologne si poétique et si désolée, une vaste propriété de 250 à 300 hectares, appelée la propriété de l’Ormoy. Elle était, lorsqu’il la reprit, dans un

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état déplorable, résultat d’une mauvaise administration, et, quant à lui, il ne possédait jusque-là, de la science agricole, que les éléments généraux dont se compose d’ordinaire le bagage du publiciste et de l’homme du monde. Une autre se fût effrayé des études à faire, des habitudes nouvelles à prendre, des mécomptes à subir, mais il était dans la nature de M. PERROT de s’accommoder de tous les obstacles et de les vaincre. Ses puissantes facultés d’organisation et d’assimilation le servaient en cela à merveille. Il dit définitivement adieu à Bruxelles, alla s’installer à l’Ormoy, et, en peu de temps, d’une terre qui semblait n’avoir été créée que pour être stérile, il fit un domaine splendide, méritant d’être proposé comme modèle à tous les cultivateurs du pays ». Pour ce faire, il reconstruira la ferme des Vigneaux et se dotera de nombreux outils agricoles, de pointe pour l’époque (rouleau Croskyll, séparateur-trieur de Marot, semoir à engrais pulvérulents, râteau à cheval…) et y fera même installer une locomobile à vapeur fixe (pour battre) fournie par la Maison Célestin Gérard, de Vierzon. Il fera venir également, du Pas-de-Calais, un régisseur expérimenté avec lequel il entretiendra une abondante correspondance durant les hivers, afin d’adapter les directives en fonction des résultats.

Un des membres les plus distingués de la Société d’agriculture du Cher, M. Hippolyte AUGER, décrivait ainsi, dans une notice lue en séance de cette Société, le sol sur lequel durent s’exercer la patience et l’énergie de M. PERROT : « Une couche arable de composition très variée, depuis les sables trop légers jusqu’aux argiles trop consistantes ; à sous-sol imperméable, parfois noyée et d’un travail presque impossible en temps de sécheresse ; sans assainissement aucun, n’ayant pour l’écoulement des eaux surabondantes que des fossés encombrés, bouchés pour la plupart, et bordant des chemins impraticables. Les champs, entourés de levées de terre couvertes d’épines, de ronce, de fougères qui s’avançaient jus qu’à 10 ou 15 mètres dans l’intérieur de la pièce. Ailleurs, les genêts, la bruyère et le chiendent se disputaient la place. Les prés situés au bord de la rivière le Baranjon étaient inondés plusieurs fois par an ; les eaux, faute de nivellement, ne se retiraient qu’en partie, par écoulement naturel. Le sol cultivable avait été surmené, épuisé par une succession de cinq ou six modes d’exploitation dans les quatorze années précédentes… Le bétail représentait à peine l’équivalent d’un quart de tête par hectare. »

Nestor CONSIDERANT continua ainsi : « M. PERROT mit 12 ans de sa vie à la transformation de ce désert, et il eut le noble orgueil dy remporter un succès aussi éclatant et aussi complet que celui qui lui avait valu lIndépendance. Le 19 mai 1862, le comice agricole de Bourges lui décernait déjà le premier prix pour son exposition de bestiaux de lespèce ovine ; la même distinction lui fut conférée de nouveau en 1863 et en 1864. En 1865, il obtint le troisième prix du concours de lespèce ovine, pour l’élevage des béliers et des boucs de boucherie ; en 1867, le premier prix de lespèce bovine, races étrangères pures et croisées, et dune mention honorable pour son exposition de taureaux. Le 15 septembre 1867, le comice agricole de Bourges lui décerna le premier prix (médaille dor), pour la culture la mieux entendue et la plus progressive. Enfin, en 1870, M. PERROT obtint la prime dhonneur du comité central de la Sologne, qui déclara que lexploitation de lOrmoy offrait, dans son ensemble et dans ses détails, des résultats utiles et propres à être cités comme exemple. »

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Le 30 mars 1864, Honoré-Edouard PERROT est élu Maire de SAINT LAURENT… « il y avait là du bien à faire, des services à rendre : comment neût-il pas accepté ? A partir de sa nomination, tout changea de face à Saint Laurent : un ordre parfait fut établi dans ladministration de la commune ; tout un réseau de chemins vicinaux, le plus souvent exécutés aux frais du Maire, vint faciliter les travaux agricoles et accroître la valeur des propriétés ; des maisons d’école furent construites, l’église embellie, le presbytère restauré ; tout le village, sous cette main protectrice, prit un air daisance et de confort quon ne lui avait jamais connu. Aussi, M. PERROT était-il adoré de ses administrés, et les manifestations de cette affection naïve et profonde, vingt fois réitérées en des occasions solennelles, comptent au premier rang des souvenirs laissés par lui à ceux qui le pleurent.

clip_image002174En 1870, quand lEmpire s’écroula, M. PERROT fut confirmé dans ses fonctions de Maire de Saint Laurent par le Gouvernement de la Défense Nationale. Larrêté qui le maintint à son poste porte la date du 10 octobre 1870. Lorsque vint pour la France le jour de linvasion et des épreuves suprêmes, M. PERROT se multiplia, se sacrifia pour défendre les intérêts de sa commune. Il y réussit en partie, mais les malheurs de son pays laissèrent dans ce cœur aimant et généreux une trace qui ne devait plus seffacer. » L’auteur poursuit en le décrivant comme suit :

M. PERROT était, physiquement, un type complet de cette fine race bordelais qui a donné à la France tant dhommes illustres ou distingués. Petit de taille, assez replet, mais dune extrême vivacité dallures, il personnifiait à la fois lactivité du corps et celle de lesprit. Ses traits réguliers, son front vaste, encadré de cheveux noirs bouclés naturellement, étaient illuminés dun sourire de bienveillance ; l’œil, franc et profond, semblait toujours interroger. Une parole claire, précise, mise au service dune pensée nettement conçue, faisait de lui le plus agréables des causeurs. Il naimait pas la phrase, et possédait le talent, fort rare en vérité, de dire exactement ce quil voulait dire. Dans la discussion, où il apportait toujours les formes les plus courtoises, rien n’était plus intéressant que de le voir serrer son interlocuteur : dans geste sec et rapide, il ajustait ses lunettes ainsi quil eût fait dune armure, et, comme si ce mouvement typique eût encore ajouté à la lucidité de son intelligence, il entassait arguments sur arguments avec un à-propos et une décision qui lui assuraient presque toujours la victoire… »

Honoré-Edouard PERROT décéda brutalement le 29 novembre 1873 d’une apoplexie foudroyante (probablement un AVC) « …la nouvelle de cette fin prématurée frappa comme un coup de foudre tous ceux qui l’avaient connu. Il semblait que l’on ne voulut pas croire à l’anéantissement de tant de facultés brillantes, de tant de qualités de l’esprit et du cœur. De tous côtés, les témoignages les plus douloureusement émus et les plus sympathiques vinrent attester à sa digne compagne la part que chacun prenait à ce malheur. La presse de France et de Belgique fut unanime dans l’expression de ses regrets : l’Indépendance, l’Echo du Parlement, le Constitutionnel, le Journal des Débats, le Temps, le Figaro, le Courrier de la Gironde, le Journal du Cher, le Journal des Economistes, consacrèrent à M. PERROT des articles où son talent et son caractère étaient appréciés comme ils méritaient de l’être. »

« M. PERROT, » dit M. CUCHEVAL-CLARIGNY dans le Constitutionnel, « cachait sous des dehors modestes et réservés l’esprit le plus délicat et le plus fin, le jugement le plus sûr et le plus juste des choses de la littérature et de la politique. C’était de plus un homme de cœur, serviable, obligeant, aimant à faire le bien et s’en cachant avec soin. »Pour conclure cette biographie, je pourrais ajouter que Honoré-Edouard PERROT était l’ami intime de la famille royale Belge de Léopold Ier et que ce dernier s’est rendu discrètement à deux reprises sur notre commune, à l’Ormoy.

A suivre

Denys GODARD

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