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Histoire de la commune de 1850 à 1900

Le recensement de l’année 1846 indique 525 habitants.

Le 3 février 1850, malgré de faibles ressources, le Conseil Municipal débloque une somme de 7 000 francs (2 000 francs pris sur les fonds propres de la Commune, 4 000 francs à prendre sur la vente de communaux et 1 000 francs à percevoir par le biais des 4 contributions) afin de permettre la reconstruction de l’église paroissiale, dont le devis estimatif s’élève à 18 000 francs. Afin de réunir les 11 000 francs restants, le Conseil propose de les demander, sous forme de subvention, au Ministre des Cultes.

Lors de sa session du 24 Mai 1850, le Conseil vote un impôt extraordinaire de 200 francs afin de payer le salaire du garde-champêtre puis propose 3 journées de prestations additionnées de 5 centimes destinées à réparer les chemins de Saint Laurent à Chaumoux, à Belle Chère (aujourd’hui Belle chasse), à la Margauderie et enfin celui des Jourdains à la Forêt.

Le 26 Mai 1850, le Maire informe le Conseil que Monsieur le Préfet incite la commune à vendre des communaux supplémentaires afin de trouver des ressources nécessaires à la reconstruction de l’église (soit 4 000 francs). La demande de subvention était sans aucun doute trop importante. Le Conseil décide alors d’aliéner les communaux suivants :
– 2 pièces situées au Crot du Boulot
– 1 pièce située à la Noue d’Amour
– 3 pièces situées à la Noue des Ascents
– la moitié de 3 pièces situées à l’Eguzon
– 1 pièce située au Taillis du Bonhomme
– 1 pièce située au Gué des Landes
– 1 pièce située à la Noue Bernard
– 1 pièce située aux Chétifs Prés
– Partie d’une pièce située au Boulot
– Partie d’une pièce située au Ravoy
Le tout d’une contenance de 22 ha 69 a et 6 ca

Le 7 mai 1852, le Conseil Municipal prête serment d’obéissance à la Constitution et fidélité au Président en vertu des dispositions de la Constitution. Le Président de la Seconde République (1848-1852) n’est autre que Louis-Napoléon BONAPARTE avant que ce dernier ne devienne l’Empereur Napoléon III.

Le recensement de 1851 nous fait état de 531 habitants répartis comme suit :

tableau_Lieux
Les années municipales 1851 et 1852 voient le vote annuel du salaire du Garde-champêtre, le vote des droits de pacage sur les communaux ainsi que la désignation et les tarifs des 3 journées de prestations (entretien des chemins vicinaux et des fossés entre autres). Le Préfet informe la Municipalité de projet d’établissement de voiries nouvelles (Chéry à Neuvy sur Barangeon et Vierzon à Saint Martin d’Auxigny)

Le 27 juillet 1852, Pierre le Marchand est nommé Maire de la Commune par le Préfet. Il va jurer obéissance à la Constitution et fidélité au Président.

Le 29 août 1852, le Maire expose au Conseil que le cimetière de la Commune (situé entre l’église et des maisons) est devenu insuffisant et insalubre.

Projet de déplacement du cimetière

Le 29 août 1852, suite à la constatation de l’exiguité et de l’insalubrité du cimetière jouxtant l’église, le conseil décide d’étudier le transfert de ce dernier sur le communal de la Grand’ Croix situé à la sortie du bourg (côté Vouzeron).

Le conseil décide également de vendre 60 merisiers poussant sur ce communal ainsi qu’un petit terrain situé à la Margauderie afin de trouver les ressources nécessaires à la réfection du chemin d’intérêt commun N° 10 (de Chéry à Neuvy)

Résultats des élections municipales du 12 septembre 1852

Inscrits : 129

Votants : 95

Nuls : 2

Exprimés : 93

Sont élus :

Ursain LOISEAU (propriétaire à la Grand’ Croix) : 93 voix

Mathurin CARRÉ (Garde forestier au Village Brûlé : 92 voix

Jean SEBEAULT (Cultivateur aux Lièvres) : 91 voix

Pierre RAMAIN (Cultivateur aux Poteries) : 91 voix

Jean CHAGNON (Laboureur à Chaumoux) : 90 voix

Jean BEAULANDE (Laboureur aux Dez) : 90 voix

Guillaume ROZAY (Journalier au Bourg) : 89 voix

Claude BOUQUIN (Propriétaire aux Jourrdains) : 83 voix

Michel GEORGEON (Colon à la Camuserie) : 67 voix

Jean BEAUBOIS (Colon à la Margauderie) : 67 voix

Bertrand LACHAZE (Horloger à Mehun) : 61 voix

Jacques VIGIER (Boulanger à Vierzon) : 61 voix

Les 10 octobre et 14 novembre 1852, il est procédé à l’installation du nouveau Conseil Municipal ainsi que de l’adjoint selon les directives du Préfet. Ursin LOISEAU est désigné adjoint

Chose curieuse, Pierre le Marchand (propriétaire à l’Ormoy) qui n’avait pas obtenu les suffrages suffisant pour être élu, est maintenu au poste de Maire par l’autorité préfectorale.

Dans sa session du 12 mai 1853, le conseil vote un certain nombre de travaux (réparation des murs du cimetière, du clocher ainsi que la chapelle qui le supporte, entretien et réparation du chemin N° 10, frais de bornage). Dans la perspective de la réédification de l’église et afin de se constituer des ressources, la municipalité décide d’instaurer un droit pacage pour tous les bestiaux paissant dans les communaux. Quant à l’entretien des chemins, il est voté 3 journées de prestations et 5 centimes spéciaux.

L’étude du compte administratif 1853 nous apprend qu’une somme de 67,75 francs a été affectée à l’activité scolaire. A cette époque, l’école qui était dirigée par un instituteur de Vignoux se situait aux Moreaux (à mi-distance des 2 communes). La description en était ainsi faite : « l’unique salle de classe se situe dans un vieux bâtiment au toit couvert de chaume, aux murs de torchis, au sol de terre battue et n’est éclairée que par une petite fenêtre d’environ 40 centimètres carrés ».

Un nouveau cimetière

Le 23 avril 1854, en raison de risques de pollution des eaux de la source du centre du village (fontaine bleue ou de la grande maison) le Conseil refuse le choix de l’implantation du nouveau cimetière à la Grande Croix. En réalité, Ursin Loiseau (l’adjoint) voyait d’un mauvais œil la proximité de ce cimetière près de sa maison d’habitation. Ce dernier propose au Conseil de céder à titre gracieux (après un arrangement avec Claude Bouquin) 20 à 25 ares sur une pièce de terre d’une contenance de 1ha21a située au lieu-dit la Lande (voir plan ci après). A l’unanimité, le conseil accepte cette proposition.

Le 28 novembre 1854, afin d’acquérir les parcelles nécessaires à la construction de la route de Chéry à Neuvy (classé chemin d’intérêt commun), le Conseil propose de vendre un terrain communal de 59a60ca appelé « la Pornette » avec une mise à prix de 175 F. Afin de trouver les fonds nécessaires à la construction des murs ainsi que de la grille du nouveau cimetière, il est admis le principe de vendre le communal du Ravoy d’une contenance d’environ 7 hectares.

clip_image002Le 18 février 1855, le Conseil décide de voter une somme de 1700 francs destinée au travaux du nouveau cimetière, selon le devis proposé par l’entreprise de maçonnerie CATINAT, de Mehun sur Yèvre.

Résultats des élections municipales du 22 juillet 1855

.Inscrits : 115

Votants : 65

Sont élus :

Pierre LE MARCHAND(propriétaire à l’Ormoy) : 65 voix

Ursin LOISEAU (propriétaire à la Grand’ Croix)) : 65 voix

Claude BOUQUIN (propriétaire aux Jourdains) : 65 voix

Pierre RAMAIN (cultivateur aux Poteries) : 65 voix

Jean BEAULANDE (laboureur aux Dez) : 65 voix

Jean SEBEAULT (cultivateur aux Lièvres) : 65 voix

Michel GEORGEON (colon à la Camuserie) : 65 voix

Hippolyte DANLOS (cultivateur au Boulet) : 65 voix

Jean CHAGNON (laboureur à Chaumoux) : 64 voix

Pierre-Joseph RICHARD (propriétaire à la Roche) : 64 voix

Paul MOULINIER (cabaretier au Bourg) : 64 voix

Charles SIROT (colon à Mamets) : 64 voix

Le Conseil est installé le 12 août 1855. Pierre le Marchand et Ursin LOISEAU sont toujours institués respectivement dans leurs fonctions de Maire et d’Adjoint.

clip_image0042Création du chemin d’intérêt commun N° 10

Dans son programme de désenclavement et d’assainissement de la Sologne, l’Empereur Napoléon III a proposé l’ouverture d’un certain nombre de voies de communication appelées également routes agricoles. Le chemin d’intérêt commun N° 10 (de Chéry à Neuvy) faisait partie de ce programme. Les communes concernées devaient permettre l’emprise de la future voie et par conséquent supporter toutes les dépenses d’échanges, d’achat ou d’expropriation du parcellaire nécessaire.

Ainsi, lors de sa séance du 11 novembre 1855 , le Conseil a du voter une somme de 500 francs à prendre sur les fonds libres afin de curer la partie du ruisseau le Guzon sur lequel un ponceau devait être établi (partie du Bourg à la limite avec Vignoux sur Barangeon—voir plan ci-dessus )

Reconstruction de l’église (1855-1856)

Pendant ce temps, les travaux de reconstruction de l’église se poursuivent . Ils ont débuté depuis quelques mois et se sont poursuivis jusqu’en 1856. Ces travaux, d’un montant de 10 000 francs (somme énorme à l’époque) furent financés par la vente de 20 hectares de communaux (4 100 francs) ainsi que par les secours du gouvernement (3 000 francs). Les travaux ont été confiés à l’Entreprise Hyppolite LAFAY de Mehun-sur-Yèvre et suivis par l’architecte E. SOUPIRON, de Bourges. En avril 1855, un acte notarié nous informe que, suite au décès d’Hyppolite LAFAY, sa veuve a cédé le marché à Jean BORDEAUX (charpentier à Mehun) afin de terminer les travaux. S’ensuit la description faite par le curé Victor-René MAUBERT, en 1870 et qui exerça à Saint Laurent à compter du 24 mai 1864 :  »L’édifice est bâti sur le même emplacement et sur les même fondations. Quelques parties des anciens murs salpêtrés ont été conservés dans un soucis d’économies. Il a été conservé également plusieurs des anciens piliers en grosse maçonnerie qui attestent l’antiquité de l’ancienne chapelle. L’église nouvelle est, comme celle qu’elle a remplacé, sous le vocable de Saint Laurent et n’a pas de patron secondaire. On pourrait ajouter également quelle n’a pas de style et, si l’on pouvait lui en attribuer un, ce serait plutôt le roman. L’église est centrale, orientée suivant l’usage et le chevet est dans l’axe. Elle n’a qu’une seule nef. Une chapelle située à gauche est dédiée à la Sainte Vierge. Le sanctuaire est percé de trois fenêtres. L’autel est en pierre de la forme la plus simple : on pourrait dire un autel primitif. Une pierre, longue de 2,25 mètres et large d’ 1 mètre, supportée en avant et sur les côtés par 3 pierres de 10 centimètres d’épaisseur, sans aucun ornement; il est surmonté de deux gradins également en pierre, au milieu desquels s’élève le tabernacle. Dans la chapelle de la Sainte Vierge, à la gauche du chœur, est un autel en bois avec moulure.

Comme monument, l’église n’a rien qui puisse attirer l’attention. Elle mesure en long, dans œuvre, du sanctuaire à la porte d’entrée 23 mètres et en large, chapelle non comprise, 7 mètres. La hauteur sous voûte est de 8,60 mètres. Elle peut contenir 300 personnes; à peu près la moitié de la population de la paroisse.

La voûte est en plâtre. Le sanctuaire et le chœur sont pavés en dalles avec un petit carreau en ardoise aux angles de jonction. La nef est pavée en carreaux à 6 pans. Dans le milieu et dans toute la longueur de la nef, il y’a un sentier dallé.

Le clocher, placé à l’entrée de l’église, n’a qu’une seule cloche qui n’offre pas de millésime, mais sur laquelle on lit en caractères gothiques cette inscription :SANC : LORANC : ORA : NOBIS : AD  DEUM : Puis, à la suite, sans empreintes, deux médailles de la grandeur d’une pièce de cinq centimes dont il est impossible de déchiffrer le caractère… ».

Aujourd’hui, nous sommes plus à même d’apporter des précisions à la description faite par le curé Maubert. Robert Gauchery, dans les mémoires de l’union des sociétés savantes de Bourges (1958), s’est penché avec attention à l’examen de cette cloche d’une dimension de 0,585m pour la hauteur et de 0,60m pour la largeur de la base. « …Cette cloche n’est pas datée mais les lettres de l’inscription sont des majuscules qui rappellent de très près l’alphabet en usage depuis le XIIème siècle. La ponctuation est constituée par 3 points posés verticalement entre chaque mot. Une croix pattée flanquée de quatre rayons précède l’inscription. Deux médailles la terminent. Chaque médaille contient au centre, une cloche flanquée de deux étoiles à 6 branches, avant l’inscription formant légende sur le pourtour. C’est, semble t’il, une marque de fondeur. Tous ces meubles sont nettement inscrits sur des dosserets qui montrent que chaque lettre ou élément décoratif, a été obtenu par application de tablettes indépendantes faisant partie d’un matériel de fondeur. Les inscriptions en sont les suivantes : SANCTI : LORAMCI : ORA : PRO : NOBIS : AD  DEUN …les 2 médailles ornementales doivent faire partie du matériel de l’artisan; il en faudrait déchiffrer les légendes pour attribuer une date à cette cloche placée sûrement vers la fin du XVème siècle ».

Fin des travaux de reconstruction de l’église –

clip_image006La session du 10 février 1856 propose un ordre du jour intéressant. En premier lieu, le Maire informe le Conseil que les travaux de reconstructions de l’église sont  »..suffisamment avancés pour lui laisser l’espoir que la messe pourrait y être célébrée le lundi de Pâques 24 du mois de mars prochain mais, pour que cette espérance puisse se réaliser, il est de toute nécessité d’acheter les ornements et objets indispensables d’après un relevé de ces dits objets fait sur les indications de Monsieur le Curé de Vignoux : une lampe et son contrepoids en cuivre argenté, un bénitier et son goupillon, une croix au-dessus du tabernacle et 6 chandeliers, le tout en cuivre argenté, un calice dont sa coupe en argent, les burettes et leur plateau argenté, un ciboire avec sa coupe en argent (la coupe et le couvercle dorés en dedans, vase aux saintes huiles en argent, une sonnette en cuivre argenté, 5 chasubles (verte, blanche, violette, rouge et noire) avec étoles, manipules, voiles, bourses, 2 étoles pastorales (dont une noire à galon blanc et une blanche d’un côté et violette de l’autre pour enterrements, baptêmes et enterrements des enfants, 4 chandeliers en bois peints en noir avec filets blancs pour enterrements, une croix en bois peinte en gris, un drap des morts et un devant d’autel, noir, 2 aubes de baptême en mousseline, 2 surplis romains en mousseline, 1 missel et son pupitre, les 3 cartons d’autel pour évangile, 2 exemplaires de livres des chants pour les offices des morts, 2 petits chandeliers et leurs souches pour basse messe… ». Le tout pour une somme de 800 francs. Dans le même temps, le conseil vote une somme de 200 francs afin d’indemniser le curé desservant pour une plus grande disponibilité dans la nouvelle église (instruction des enfants). Le maire propose également de réfléchir sur la construction d’un presbytère dont les fonds pourraient être obtenus par la vente de communaux.

Deux tracés pour le nouveau chemin d’intérêt commun N° 12

Au cours de même Conseil du 10 février 1856, le Maire rappelle que depuis longtemps il est question d’un chemin d’intérêt commun N° 12 de Vierzon à Saint Martin d’Auxigny (actuelle route d’Allogny dont 2 tracés avaient été proposés : l’un passant par Saint Laurent au domaine des Planches (tracé N° 2 et l’autre, passant par Chaumoux depuis les Moreaux (tracé N° 1). L’enquête publique diligentée par le Préfet depuis septembre 1855 s’est terminée le dimanche 6 janvier 1856. Il en est résulté qu’une seule déclaration s’est prononcée pour le tracé N° 1 et que 46 autres pour le tracé N° 2. Considérant que le tracé N° 1 ne desservirait pas le Bourg, donc une majorité d’habitants, le Conseil porte son choix sur le tracé N° 2.

En séance extraordinaire du 7 mars 1856, le Conseil autorise le Maire de mettre en adjudication les travaux de clôture du nouveau cimetière selon le devis présenté par le Sieur GODENOT, maçon à Mehun-sur-Yèvre.

Le 14 avril 1856, le conseil autorise le Maire à rechercher une solution amiable pour acheter le terrain nécessaire à l’édification du nouveau Presbytère dont une partie de la somme (estimée entre 7 000 et 8 000 francs) devra être assurée par la vente de communaux.

Le 18 mai 1856 le conseil vote une somme de 114,50 francs destinée à indemniser les propriétaires de terrains sur lesquels des extractions de cailloux ont été effectuée, dans le but d’empierrer le chemin d’intérêt commun N° 10 (au titre des années 1852, 1853 et 1854. Il vote également une somme de 12 francs afin d’indemniser le Sieur Millet suite au passage sur ses terres de chargements de cailloux extraits à la Pornette destinés au chemin d’intérêt commun N° 10.

Le 6 juillet 1856, le Conseil autorise le Maire à ester en Justice contre des propriétaires indélicats de Chaumoux qui considèrent comme leur bien propre, 4 parcelles de communaux où il entendent jouir d’un droit de pacage gratuitement.

Le 6 juillet 1856, considérant que les finances de la commune sont au plus bas en raison des dépenses d’investissement engagées ou prévues (reconstruction de l’église, clôture du nouveau cimetière, construction d’un presbytère, ornements de l’église), le conseil décide de ne pas donner suite aux directives préfectorales qui demandaient aux commune de participer à un service médical départemental, dans le but d’assurer gratuitement les soins et médicaments aux malades indigents des campagnes.

Un nouveau presbytère (dans l’ancien)

clip_image002Le 10 août 1856, le conseil vote une somme de 1 500 Francs afin de solder les travaux de reconstruction de l’église ainsi que les honoraires de l’architecte. Il prévoit également une somme de 500 frs à affecter à la confection de bancs. Le Maire, animé d’un souci d’économie propose au Conseil l’acquisition (à l’amiable ou par expropriation) des bâtiments ayant servi autrefois de presbytère et appartenant à Sylvain Pornin meunier aux Fourneaux, demeurant à Prély. Pour ce faire il propose la vente de bien communaux (des Bourands à la forêt, le communal des Bourands, le communal des taillis du bonhomme, la pièce des Bergeries, la pièce de la Pornette,) soit plus de 3 hectares.

Il est également accepté le principe de curage et l’élargissement du ruisseau dit »l’éguzon » situé entre le Crot à la Louise et la limite de la commune de Vignoux en raison de la construction d’un aqueduc sur le chemin d’intérêt communal n° 10.

Un retour en arrière sur la Cure et ses curés (d’après le curé Maubert 1872)

« La cure de Saint-Laurent-sur-Baranjon a toujours fait partie de l’archevêché et l’archidiaconé de Bourges, et c’est actuellement l’une des succursales du doyenné de Mehun-sur-yèvre. La paroisse de Saint Laurent a eu successivement pour curés :

– M. Gendrault en 1630

– M. Gillot-Bézard en 1640

M. François de Dignan en janvier 1650. Il est mort à Saint Laurent, le lundi 23 novembre 1679, et fut inhumé le mardi suivant, dans l’église, à l’entrée de la petite porte, devenue l’autel de Notre-Dame, ainsi que le constate l’acte qui suit : le mardi 23 novembre, a été inhumé dans cette église, François de Dignan, son frère, de Bourges, par moi soussigné, prêtre commun à la cure. Signé, Béchereau.

– M. Conneaux succéda le 1er décembre 1679

– M. Bardin fut curé en janvier 1685

Au mois de décembre 1618, l’église fut interdite; j’ignore pour quelle cause. C’est M. Léger, curé de Vignoux-sur-Baranjon, qui est chargé du soin de la paroisse jusqu’au mois d’août 1719.

– En août 1719, M. Bouret, chanoine de la Ferté Imbault, est nommé curé de Saint Laurent. Il meurt le 31 mai 1730, à l’âge de 61 ans, et est inhumé dans le cimetière, à la grande porte de l’église par M. Pichon, curé de Vignoux, en présence de M.M. les curés de Foëcy, d’Allogny, et de M. François Pineau, chanoine de Mehun.

– M. Simon le remplaça en juillet 1730, et fut appelé au mois de septembre de la même année à la cure de Villefranche.

– M. La Denise le remplaça en octobre 1730.

Au mois de janvier 1731, on voit comme curé M. Chevry.

– Au mois de février 1750, M. Aufrère.

– En avril 1751, M. Serquent de Haubran.

– En juin 1762, M. Corbin

– En août 1787, c’est M. Corbin, Jacques-Joseph, qui signe les registres. Au mois d’avril 1791, et le 16 de ce mois, il prêta serment à la constitution civile du Clergé, entre les mains de Bouquin fils, Maire de la commune. La déclaration de ce serment est écrite de sa propre main; puis le 25 nivôse, an II (17 janvier 1794), il se marie à l’âge de 32 ans avec une jeune fille de 23. Et c’est encore lui qui dresse et signe son acte de mariage.

– Le 25 prairial an III de la république (15 juin 1795), le citoyen Jacques Chaumard-la-Croix, en vertu de la loi du 11 prairial, même année, sur le libre exercice des cultes, et élu par le plus grand nombre des habitants, se fait installer comme Ministre du Culte catholique, politique et romain, par le Maire Bouquin, avec le consentement du Procureur syndic. Le 14 brumaire, an IV, il disparaît, et est remplacé par le citoyen Richer qui se dit ministre du culte catholique, et déclare qu’il se propose d’exercer ledit culte en cette commune, et ce fait installer par l’adjoint Chauveau, choisissant pour exercer son ministère la ci-devant église de ce lieu. Le 18 germinal, an XI, il quitte la commune et disparaît.

– Après la réouverture des églises et le rétablissement du culte, M. Dutar, curé de Vignoux-sur-Baranjon, desservit la paroisse depuis 1802 jusqu’en 1834, et fit les inhumations de Saint Laurent, dans le cimetière de Vignoux (le Vieux Vignoux). Ce n’est qu’à cette dernière époque qu’elles eurent lieu dans le cimetière de Saint Laurent.

– M. Filot desservit la paroisse en 1840, puis M. Roulin, en septembre, même année. Et en 1844, M. Vesnin.

– Saint Laurent fut érigée en succursale le 18 octobre 1848 et M. Victor-René Maubert, fut nommé curé le 24 mai 1864 »

Recensement de 1856

Le recensement de cette année 1856 fait apparaître 509 habitants, soit une baisse de 22 habitants par rapport à celui de 1851.

Novembre 1856 : un nouveau cimetière et projet de construction d’un presbytère

Dans sa session de Conseil du 16 novembre, le Maire nous informe que les travaux du nouveau cimetière sont terminés : fermeture, clôture et croix posée au milieu. Une somme de 1672 francs est votée afin de solder les travaux exécutés par l’entreprise Catinot.

Afin de permettre la création du chemin d’intérêt commun n° 10, la commune a été dans l’obligation d’acquérir plusieurs parcelles pour une somme de 175,87 frs. Cette somme sera compensée par la vente du communal de la Pornette.

Une somme de 375,80 frs est également votée afin de procéder à la confection des 12 bancs de l’église (selon un mémoire du Sieur Gauthier, menuisier à Mehun) ainsi que la clôture des fonds baptismaux.

Le conseil décide ensuite d’étudier la construction d’un nouveau presbytère sur une partie du communal de Beauregard, rejetant ainsi le projet d’acquisition de la propriété Pornin. Une somme de 9 000 francs est débloquée afin de permettre aux Maire de faire face aux premières dépenses telles que la confection des plans et des devis. La vente du communal dit du crot des quatre chênes, d’une contenance de 13ha72a42ca est également votée pour pourvoir à la récupération des fonds nécessaires.

La Fabrique :

Le 5 novembre 1856, Antoine LOISEAU et Antoine BOUQUIN sont désignés membres de la Fabrique.

La Fabrique représente la paroisse en ce qu’elle a de temporel, de permanent. Elle gère le budget paroissial. Elle perçoit les fonds et les utilise. Ses recettes proviennent principalement des revenus des biens (fermages, rentes, loyers….) ainsi que des quêtes, dons, offrandes…A l’aide de ces revenus, la Fabrique se charge des fournitures courantes (huiles, cierges, encens) ou du petit matériel de culte (sonnettes, tableaux d’autel), assume les travaux dans l’église (portes, toiture, cloche).

La dépense concernant la fabrication des bancs de l’église aurait du échoir dans le budget de la Fabrique. Mais, devant l’impossibilité de cette dernière à trouver les ressources nécessaires (n’oublions pas que l’église a de nouveau été livrée au culte depuis peu), le Conseil municipal, dans sa séance du 8 février 1857, décide d’allouer la somme requise.

Presbytère et Maison d’école :

Toujours dans la session de février 1857, le Conseil municipal poursuit sa réflexion sur le projet de création d’un presbytère. Il revient sur l’option d’achat à l’amiable ou par voie d’expropriation de la propriété du Sieur Sylvain Pornin. Le conseil souhaite également de s ‘engager sur la construction d’une maison d’école ainsi que du logement de l’instituteur. Pour trouver les ressources nécessaires, la vente de communaux est envisagée ainsi que la demande d’un secours de 3 000 frs.

Le Maire demande au Conseil d’allouer une gratification de 50 frs au Sieur CLAVIER, ancien garde-champêtre, qui avait du démissionner « par suite de son âge et ses infirmités qui l’empêchaient de faire son service ».

Le Conseil propose de lui donner « quelques bois de l’âge de 10 à 12 ans plantés sur une parcelle de communaux….le tout pouvant produire soixante à soixante dix bourées ».

Le 17 mai 1857, le Conseil vote une somme de 300 frs pour subvenir au traitement d’un nouveau garde-champêtre. Il demande que ce soit un ancien militaire qui en exerce la fonction.

Le Maire fait constater au conseil la précarité de la situation financière de la commune : la reconstruction de l’église, la création du cimetière, les achats de terrains pour l’emprise du chemin d’intérêt communautaire n° 10 de Chéry à Neuvy, les projets de presbytère et de la maison d’école mettent à mal les finances locales. Afin de rechercher des ressources supplémentaires, il est décidé de mettre en vente, les têteaux ainsi que tous les arbres situés sur les communaux et le long des chemins. Un rôle de parcours sera également fixé pour 1858 pour tous les bestiaux qui pacagent sur les communaux. Il vote également une taxe de 12 centimes à prélever sur la race canine. Les dépenses budgétaires pour 1857 furent les suivantes :

– frais de délimitation entre la commune et la forêt domaniale : 14,96 frs

– rétribution de l’instituteur de Vignoux : 129,48 frs

– menuiseries huilées et vernis et peintures faites aux boiseries de l’église (ces travaux avaient été omis dans le devis) :127,10 frs)

– traitement du secrétaire de mairie : 25 frs

– frais de bureau : 30 frs

– curé de Vignoux en tant que desservant : 200 frs

Le conseil demande également au Maire de poursuivre le Sieur CALON (propriétaire du domaine de Mamets) pour les motifs suivants :

– Anticipation faite sur le communal de la Rueze (la Ruesse)-hameau de Chaumoux

– Suppression d’un chemin par anticipation partant de Chaumoux pour rejoindre le chemin partant du Crot du Boulas à la Croix de Chaumoux

– Interception au moyen de deux barrières fermant à clef d’un chemin partant de la commune de Vignoux par Chaumoux et Mamets et allant à Allogny

– Plantation de peupliers entre les fossés, sur le chemin de Vignoux à Allogny

– Plantations de peupliers également plantés entre les fossés sur le chemin de Vouzeron à Mehun.

Le 23 août 1857, le conseil vote une somme de 250 frs afin de procéder au curage et à l’élargissement du ruisseau dit le Crot à la Louise et traversant le communal dit de l’éguson sur une longueur de 400 à 500 m (aujourd’hui, ce ruisseau se nomme le Guzon).

Une discussion autour du presbytère s’établit et plusieurs pistes sont proposées : achat, échanges ou expropriation de l’immeuble Pornin ou recherche d’un autre terrain.

Le Conseil vote également le paiement du prélèvement des hautes herbes qui poussaient sur le communal de l’éguzon et qui, auparavant étaient données gratuitement à usage de confection des litières des bestiaux.

Un habitant de la Margauderie, le Sieur Philippe BERTRAND, propose au conseil, l’achat de plusieurs pièces de terre, d’une contenance totale d’1a et 80ca au prix de 8 frs l’are. Le conseil propose au demandeur :

– de vendre ces parcelles au prix de 120 frs + les frais

– de réparer un chemin de 2 m au moins pour accéder et circuler autour du puits qui existe sur les terrains, à partir du chemin vicinal de St Laurent à Allogny auquel il sera réservé une largeur de 11 m au moins.

Le Conseil, pour terminer, décide de nommer deux de ses membres afin de procéder à l’estimation des têteaux et arbres qu’il se proposait de vendre afin de se créer des ressources.

Le 15 novembre 1857, le Maire (Pierre le Marchand) expose au Conseil que, à l’occasion du bornage du communal du Crot au 4 chênes avec celui du Châtre (canton forestier) par M. THIVALLET, géomètre des forêts, dressé en décembre 1847, 4 ha et 12 a avaient été attribués aux Sieurs DELAVARENNE (propriétaire au Boulet) et DANLOS. Or depuis, aucune indemnité n’ été payée à la Commune. Le Conseil autorise le Maire a faire nommer un expert par le Préfet afin de contraindre, par voie judiciaire, le paiement la somme due à la commune.

Vente du domaine de l’Ormoy :

Le 11 décembre 1857, dans un courrier à son notaire M. De SAIZE, Pierre le MARCHAND (Chevalier d’Honneur et Maire de notre commune de 1848 à 1858), pour des motifs personnels et particuliers, indique qu’il désire vendre sa terre d’Ormoy (composée de l’Ormoy, du domaine des Vigneaux, des Planches, soit 250 ha) pour un prix de 225 000 frs.

Modification du tracé du chemin d’intérêt commun n° 12 (de Vierzon à St Martin d’Auxigny) :

Dans sa session du 10 janvier 1858, le Maire expose au Conseil, le tracé du chemin d’intérêt commun n° 12 (de Vierzon à St Martin d’Auxigny) dans sa partie comprise entre Chaumoux et Mamets a été modifié à l’initiative de Paul CALON (propriétaire à Mamets). S’inquiétant de l’incidence financière que la modification de ce tracé va imposer au budget communal (la commune doit en effet supporter l’ensemble des coûts liés aux frais d’échanges ou d’acquisition de la plateforme de ce nouvel accès). A cet effet, Paul Moulinier et Ursin LOISEAU sont désignés pour rencontrer Monsieur le Préfet, le 17 janvier, et lui exposer les réclamations municipales.

Vente de communaux :

Dans sa session du 20 février 1858, en vue de trouver des ressources pour acquérir la propriété du Sieur PORNIN de Prély (ancien Presbytère et terrains autour) le Conseil municipal, après mise aux enchères, vends une partie de ses communaux aux Sieurx BERTRAND de la Margauderie, DANLOS et DELAVARENNE. Le produit des ventes doit rapporter 11 834 francs.

En Mai 1858, le Conseil affecte, pour 1859 les sommes suivantes :

25 francs : secrétaire de Mairie St Laurent

30 francs : frais de bureau

25 francs : dépenses imprévues

200 francs : curé de Vignoux, desservant la paroisse de St Laurent

Le Conseil accepte un don (80 francs) de Mr RICHARD (conseiller) correspondant à l’extraction de cailloux pour l’entretien des chemins vicinaux.

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29 juin 1858 : Honoré-Edouard PERROT achète le Domaine de l’Ormoy, des Planches, des Vigneaux, des Places pour la somme de 170 000 francs

Nous allons interrompre durant 15 ans la suite chronologique de cette histoire municipale pour nous consacrer exclusivement à l’existence de ce personnage d’exception :

Honoré-Edouard PERROT (26 septembre 1808-29 novembre 1873)

Afin de retracer sa biographie, je ferai appel à de larges extraits rédigés par Nestor CONSIDERANT, un ami de PERROT qui lui a consacré une notice en 1875 (notice qui m’a été aimablement communiquée par le Documentaliste de la Bibliothèque du Parlement Fédéral Belge).

« Honoré-Edouard PERROT naquit à Bordeaux le 26 septembre 1808. Doué d’une intelligence active et pénétrante…Dès l’âge de 14 ans, il s’était déjà initié à la pratique du commerce dans plusieurs maisons importantes de sa ville natale…Puis il partit pour Paris en 1828. » Nous sommes en 1830 et l’agitation politique intense qui régnait à cette époque incita l’homme à l’étude des problèmes politiques, économiques et sociaux. « Il fut très vite à la hauteur de toutes les questions de son temps Cette aptitude, remarquée par tous ceux qui étaient rentrés en relation avec lui, ne tarda pas à trouver son emploi. La révolution de juillet avait fait éclater en Belgique un mouvement analogue. Un premier voyage fait à Bruxelles par M. Perrot, au moment même de la révolution belge, le convainquit de la possibilité d’y mettre à profit ses études politiques et économiques, ainsi que son penchant bien décidé pour le journalisme. La route, moins encombrée qu’à Paris, s’ouvrait toute large devant lui dans ce pays né de la veille à la liberté et à l’indépendance. Il s’établit définitivement à Bruxelles en 1831 ». Il devint correspondant d’une dizaine de journaux de Paris (le Journal des Débats, le Temps, le National et la Quotidienne…) et également des principaux journaux de Bruxelles (le Mémorial, le Moniteur Belge, l’Union, l’Emancipation et le Courrier) avant de se spécialiser dans la publicité, notamment les cours de la Bourse.

« Mais ce fut surtout à l’Indépendant qu’il donna le meilleur de son activité d’esprit dont il était dévoré. Ce journal, dirigé par un autre publiciste français, M. FAURE, représentait dans la presse l’opinion dynastique et constitutionnelle…Les tendances à la fois libérales et gouvernementales de l’Indépendant répondaient aux convictions politiques de M. Perrot, qui devint, en peu de temps, à partir de 1831, le rédacteur principal de cet important organe de publicité. Il fut en outre, vers la même époque, nommé sténographe au Sénat, et conserva ces fonctions pendant plusieurs années ». En septembre 1834, Edouard PERROT racheta à M. FAURE l’Indépendant, devenu l’Indépendance et cessa d’y écrire quotidiennement. Durant une dizaine d’année Edouard PERROT a su étendre la diffusion de son journal à toute l’Europe jusqu’à ce qu’ « …Au mois de février 1856, fatigué de travail et de luttes, il voulut prendre quelque repos, et vendit la propriété de l’Indépendance à une société d’actionnaires »« Sorti de l’Indépendance, M. PERROT crut d’abord qu’il lui serait possible d’habiter Bruxelles. Il prit toutes ses dispositions en ce sens, et procéda même à une installation nouvelle. Mais le vide que laissait dans son esprit la perte d’une occupation de tous les instants était trop grand pour qu’il pût s’y résigner : il s’en aperçut bientôt. Rester à Bruxelles, et ne plus être à l’Indépendance, était pour lui au-dessus de ses forces : il fallait qu’il cherchât un autre emploi à son besoin incessant d’activité. C’est à l’agriculture qu’il le demanda ».

C’est ainsi qu’il acheta, le 29 juin 1858, à Saint Laurent, « … sur les confins de cette Sologne si poétique et si désolée, une vaste propriété de 250 à 300 hectares, appelée la propriété de l’Ormoy. Elle était, lorsqu’il la reprit, dans un

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état déplorable, résultat d’une mauvaise administration, et, quant à lui, il ne possédait jusque-là, de la science agricole, que les éléments généraux dont se compose d’ordinaire le bagage du publiciste et de l’homme du monde. Une autre se fût effrayé des études à faire, des habitudes nouvelles à prendre, des mécomptes à subir, mais il était dans la nature de M. PERROT de s’accommoder de tous les obstacles et de les vaincre. Ses puissantes facultés d’organisation et d’assimilation le servaient en cela à merveille. Il dit définitivement adieu à Bruxelles, alla s’installer à l’Ormoy, et, en peu de temps, d’une terre qui semblait n’avoir été créée que pour être stérile, il fit un domaine splendide, méritant d’être proposé comme modèle à tous les cultivateurs du pays ». Pour ce faire, il reconstruira la ferme des Vigneaux et se dotera de nombreux outils agricoles, de pointe pour l’époque (rouleau Croskyll, séparateur-trieur de Marot, semoir à engrais pulvérulents, râteau à cheval…) et y fera même installer une locomobile à vapeur fixe (pour battre) fournie par la Maison Célestin Gérard, de Vierzon. Il fera venir également, du Pas-de-Calais, un régisseur expérimenté avec lequel il entretiendra une abondante correspondance durant les hivers, afin d’adapter les directives en fonction des résultats.

Un des membres les plus distingués de la Société d’agriculture du Cher, M. Hippolyte AUGER, décrivait ainsi, dans une notice lue en séance de cette Société, le sol sur lequel durent s’exercer la patience et l’énergie de M. PERROT : « Une couche arable de composition très variée, depuis les sables trop légers jusqu’aux argiles trop consistantes ; à sous-sol imperméable, parfois noyée et d’un travail presque impossible en temps de sécheresse ; sans assainissement aucun, n’ayant pour l’écoulement des eaux surabondantes que des fossés encombrés, bouchés pour la plupart, et bordant des chemins impraticables. Les champs, entourés de levées de terre couvertes d’épines, de ronce, de fougères qui s’avançaient jus qu’à 10 ou 15 mètres dans l’intérieur de la pièce. Ailleurs, les genêts, la bruyère et le chiendent se disputaient la place. Les prés situés au bord de la rivière le Baranjon étaient inondés plusieurs fois par an ; les eaux, faute de nivellement, ne se retiraient qu’en partie, par écoulement naturel. Le sol cultivable avait été surmené, épuisé par une succession de cinq ou six modes d’exploitation dans les quatorze années précédentes… Le bétail représentait à peine l’équivalent d’un quart de tête par hectare. »

Nestor CONSIDERANT continua ainsi : « M. PERROT mit 12 ans de sa vie à la transformation de ce désert, et il eut le noble orgueil dy remporter un succès aussi éclatant et aussi complet que celui qui lui avait valu lIndépendance. Le 19 mai 1862, le comice agricole de Bourges lui décernait déjà le premier prix pour son exposition de bestiaux de lespèce ovine ; la même distinction lui fut conférée de nouveau en 1863 et en 1864. En 1865, il obtint le troisième prix du concours de lespèce ovine, pour l’élevage des béliers et des boucs de boucherie ; en 1867, le premier prix de lespèce bovine, races étrangères pures et croisées, et dune mention honorable pour son exposition de taureaux. Le 15 septembre 1867, le comice agricole de Bourges lui décerna le premier prix (médaille dor), pour la culture la mieux entendue et la plus progressive. Enfin, en 1870, M. PERROT obtint la prime dhonneur du comité central de la Sologne, qui déclara que lexploitation de lOrmoy offrait, dans son ensemble et dans ses détails, des résultats utiles et propres à être cités comme exemple. »

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Le 30 mars 1864, Honoré-Edouard PERROT est élu Maire de SAINT LAURENT… « il y avait là du bien à faire, des services à rendre : comment neût-il pas accepté ? A partir de sa nomination, tout changea de face à Saint Laurent : un ordre parfait fut établi dans ladministration de la commune ; tout un réseau de chemins vicinaux, le plus souvent exécutés aux frais du Maire, vint faciliter les travaux agricoles et accroître la valeur des propriétés ; des maisons d’école furent construites, l’église embellie, le presbytère restauré ; tout le village, sous cette main protectrice, prit un air daisance et de confort quon ne lui avait jamais connu. Aussi, M. PERROT était-il adoré de ses administrés, et les manifestations de cette affection naïve et profonde, vingt fois réitérées en des occasions solennelles, comptent au premier rang des souvenirs laissés par lui à ceux qui le pleurent.

clip_image002174En 1870, quand lEmpire s’écroula, M. PERROT fut confirmé dans ses fonctions de Maire de Saint Laurent par le Gouvernement de la Défense Nationale. Larrêté qui le maintint à son poste porte la date du 10 octobre 1870. Lorsque vint pour la France le jour de linvasion et des épreuves suprêmes, M. PERROT se multiplia, se sacrifia pour défendre les intérêts de sa commune. Il y réussit en partie, mais les malheurs de son pays laissèrent dans ce cœur aimant et généreux une trace qui ne devait plus seffacer. » L’auteur poursuit en le décrivant comme suit :

M. PERROT était, physiquement, un type complet de cette fine race bordelais qui a donné à la France tant dhommes illustres ou distingués. Petit de taille, assez replet, mais dune extrême vivacité dallures, il personnifiait à la fois lactivité du corps et celle de lesprit. Ses traits réguliers, son front vaste, encadré de cheveux noirs bouclés naturellement, étaient illuminés dun sourire de bienveillance ; l’œil, franc et profond, semblait toujours interroger. Une parole claire, précise, mise au service dune pensée nettement conçue, faisait de lui le plus agréables des causeurs. Il naimait pas la phrase, et possédait le talent, fort rare en vérité, de dire exactement ce quil voulait dire. Dans la discussion, où il apportait toujours les formes les plus courtoises, rien n’était plus intéressant que de le voir serrer son interlocuteur : dans geste sec et rapide, il ajustait ses lunettes ainsi quil eût fait dune armure, et, comme si ce mouvement typique eût encore ajouté à la lucidité de son intelligence, il entassait arguments sur arguments avec un à-propos et une décision qui lui assuraient presque toujours la victoire… »

Honoré-Edouard PERROT décéda brutalement le 29 novembre 1873 d’une apoplexie foudroyante (probablement un AVC) « …la nouvelle de cette fin prématurée frappa comme un coup de foudre tous ceux qui l’avaient connu. Il semblait que l’on ne voulut pas croire à l’anéantissement de tant de facultés brillantes, de tant de qualités de l’esprit et du cœur. De tous côtés, les témoignages les plus douloureusement émus et les plus sympathiques vinrent attester à sa digne compagne la part que chacun prenait à ce malheur. La presse de France et de Belgique fut unanime dans l’expression de ses regrets : l’Indépendance, l’Echo du Parlement, le Constitutionnel, le Journal des Débats, le Temps, le Figaro, le Courrier de la Gironde, le Journal du Cher, le Journal des Economistes, consacrèrent à M. PERROT des articles où son talent et son caractère étaient appréciés comme ils méritaient de l’être. »

« M. PERROT, » dit M. CUCHEVAL-CLARIGNY dans le Constitutionnel, « cachait sous des dehors modestes et réservés l’esprit le plus délicat et le plus fin, le jugement le plus sûr et le plus juste des choses de la littérature et de la politique. C’était de plus un homme de cœur, serviable, obligeant, aimant à faire le bien et s’en cachant avec soin. »Pour conclure cette biographie, je pourrais ajouter que Honoré-Edouard PERROT était l’ami intime de la famille royale Belge de Léopold Ier et que ce dernier s’est rendu discrètement à deux reprises sur notre commune, à l’Ormoy.

A suivre

Denys GODARD

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Histoire de la commune de 1810 à 1850

1810 : LA COMMUNE EST CADASTREE

Napoléon Ier avait dans ses projets de cadastrer toutes les communes de France. Saint Laurent a été l’une des premières du Département à posséder un atlas parcellaire que l’on appellera cadastre napoléonien.
La population, en 1813 a augmenté de manière importante puisqu’elle passe à 509 habitants.
En 1815, elle se réduit à 457 habitants.Image1

1803 A 1823 – ANNEES MUNICIPALES CALMES

Je n’ai pas trouvé de délibérations concernant la période 1803 à 1820. Sur le plan communal Valérien LOISEAU, le Maire, n’a jamais réuni le Conseil Municipal. Il signe les registres d’Etat-Civil jusqu’au 31 décembre 1813. Puis on trouve le nom d’un adjoint, Nicolas VEGELIN jusqu’au 23 août 1816. Le nom de Valérien LOISEAU, en qualité de Maire, revient en Septembre 1816. Il est remplacé, ce même mois par un adjoint Michel VALLEE jusqu’au 12 juin 1823 pour la tenue des registres. C’est Michel Vallée qui signe également les budgets 1821 et 1822. A cette époque les budgets étaient réduits à leur plus simple expression et l’on y voyait figurer les dépenses administratives obligatoires (Bulletin des Lois, Registres d’état-civil, matrice cadastrale, frais de correspondance, entretien du local municipal et faux frais du Maire). Les travaux d’entretien des chemins étaient effectués par les habitants sous le régime des servitudes.
En 1802, avait été évoqué la nécessité du curage du Barangeon. Une réunion qui s’est déroulée le 7 avril 1811, sous la présidence de l’adjoint, Jean RAUZAY et en présence de divers propriétaires, nous indique que rien n’a été effectué depuis et que des travaux nécessaires sur la rivière allaient être entrepris aux frais des propriétaires riverains depuis le gué de Saint Laurent en remontant jusqu’à la Roche. En ces temps, les gués de la rivière étaient vitaux pour le passage des bêtes et des hommes ainsi que pour le transport des foins et leurs envasements empêchaient toute l’activité locale. Il existait sur la commune plusieurs gués publics : le gué du Monthion, le gué de Saint Laurent (appelé également gué de l’église et gué des Planches), le gué des prés Bizet, le gué Veillat, le gué de la Roche. D’autres passages privés existaient également sur la rivière.
Une seule délibération mentionnée le 22 mai 1820 fait état de la nécessité de la réfection du chemin vicinal de la forêt aux abbés, lors d’un conseil signé CAMUZAT, BOUQUIN et PEREAU.
Valérien LOISEAU, qui était peut-être malade, s’est éteint aux Jourdains, le 22 janvier 1823, à l’âge de 65 ans.

1823 A 1837, ANTOINE BOUQUIN, MAIRE

A défaut d’écrit d’installation, apparaît le nom d’Antoine BOUQUIN, en qualité de Maire, notifié la première fois en juillet 1823. Comme, cela avait été précisé plus haut, les Maires étaient nommés par le pouvoir en place et, sous la Restauration, la règle était la même.
Le 8 juin 1824, le Maire convoque son Conseil, composé de Sylvain ROUX, propriétaire à la Margauderie, Denis MARDESSON, Sevrain BOURGOIN, propriétaire à Chaumoux, Silvain PORNIN, Jacques LELIEVRE, Notaire à Mehun ainsi que le Maire de Vignoux-sur-Barangeon François PERIAU et Pierre Etienne PORNIN, chirurgien à Neuvy, afin d’attirer leur attention sur l’urgence de rétablir un pont de planches ou d’une passerelle sur le gué de Saint Laurent. L’ancien passage planchéié était inutilisable depuis plus de vingt ans. Le Maire propose que les 10 habitants les plus imposés soient réunis afin de concourir à la réfection d’un pont qui ferait 3 pieds de large entre les « deux parapelles ».
Messieurs POMEAU, Maire de Neuvy et LEGER, Percepteur de la même commune, demandent le rattachement de Saint Laurent au Canton projeté de Neuvy-sur-Barangeon. Cette demande est rejetée par le Conseil.
Le 24 mai 1825, le Maire réunit son conseil municipal, (composé de François PEREAU, Maire de Vignoux, Sylvain PORNIN Père, propriétaire à Vouzeron, Sylvain ROUX, propriétaire à la Margauderie,Pierre TERMINET père, propriétaire à Vignoux, Etienne MABILAT, propriétaire à Vignoux, Denis MARDESSON, propriétaire à Chaumoux, DESTUTT D’ASSAY représenté par André LOUAT, son fondé de pouvoir au Blosset, Jacques LELIEVRE, notaire à MEHUN), à son domicile, accompagné des 7 habitants les plus imposés de la commune (Antoine PORNIN, propriétaire à Vouzeron, Louis BOURDIN, propriétaire à Vierzon-ville, François COMPOINT, propriétaire à Vouzeron, Claude BOUQUIN, , Jean-Baptiste BOUQUIN, Ursin LOISEAU, et Michel BERNARD, propriétaires à Saint Laurent. Ensembles, ils décident de lever un impôt extraordinaire afin de rétablir un passage à sec sur le Barangeon. C’est un charpentier de Mehun-sur-Yèvre, Jean LAFAYE qui est chargé de la construction d’une passerelle en bois pour la somme de 388 francs. Celle-ci sera achevée au cours de l’année 1826 comme le justifie le budget de cet exercice (voir plan annexé à la fin du bulletin).
On pourra constater que les membres du Conseil municipal de l’époque représentaient les plus fortunés (absence de manoeuvres ou de bûcherons…) et, en raison de leur statut de propriétaires de biens sur la commune de Saint Laurent, venaient pour la moitié, des communes avoisinantes.image4

Le 16 août 1827 a eu lieu la réception des travaux de construction de la maison forestière de la Loeuf du Houx.
Le 4 juin 1826, la tenue du Conseil municipal nous apprend que le Préfet demande que la commune choisisse entre le rétablissement du mur du cimetière ou la translation du cimetière de Vignoux.
Le cimetière d’alors jouxtait la porte d’entrée de l’église et était clos de murs (un vestige de ce mur existe encore à l’extrémité de la place de l’église).
Les conseillers ont opté pour le rétablissement du mur (voir reproduction plus loin).

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1828 : construction de la maison forestière du Village Brûlé par le Service des Eaux et Forêts.
1830 : La charte de 1830, accordée par le Roi Louis-Philippe, promet la création de Départements et de Municipalités fondés sur le système électif.
15 juin 1830 : le Préfet nomme en qualité de conseiller municipal, le Sieur André LOUAT, régisseur à Vignoux, en remplacement de Mr DESTUT d’ASSAY qui est domicilié dans un autre département. Il nomme également conseillers Michel BERNARD, cabaretier, en remplacement du Sieur MARDESSON, décédé et Jean GRELAT, cultivateur aux Veillats, en remplacement de Silvain PORNIN, en raison de son grand âge.
Ce même jour le conseil (composé de Mrs LELIEVRE, André LOUAT, Michel BERNARD, Jean GRELAT, François PEREAU, Pierre TERMINET, Silvain ROUX, Claude BOUQUIN) accompagné de Silvain PORNIN, Michel BAULANDE, Simon CHAUVEAU, Antoine BERNET, Etienne DESBOIS, Denis RIVIERE, Jacques RAMIN, Jean-Baptiste BOUQUIN et Ursin LOISEAU, tous choisi parmi les 30 plus imposés de la commune, se réunissait chez Michel BERNARD, cabaretier, au bourg. Antoine BOUQUIN, le Maire explique au conseil que le Sous Préfet demande à la commune de réaliser les travaux de réfection de l’église ainsi que de son cimetière et d’en faire un devis estimatif de réparations à adresser au commissaire-voyer du département. Le conseil décide de faire réaliser ces travaux le plus promptement possible et décide de lever un impôt extraordinaire de vingt centimes par franc de l’impôt direct et de vendre du bois communal.
22 septembre 1830 : En vertu de la loi du 31 août 1830, le maire, l’adjoint et chaque conseiller prête le serment suivant : « je jure fidélité au Roi des français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du Royaume ».
25 février 1831 : le maire explique au conseil « que la réparation du cimetière ne pouvait se faire sans réparer en même temps le clocher et une partie de l’église qui servira de chapelle sépulcrale ». Un devis a été établi et s’élève à 840 Frs somme payée en 3 ans par un impôt extraordinaire).Image4

LA POPULATION EN 1831

Le recensement de population fait apparaître, en cette année 1831, 503 habitants.
Le 21 mars 1831, l’élection des conseillers municipaux au suffrage censitaire est rétablie. Mais le Maire est toujours nommé par le Préfet, représentant du régime autoritaire monarchique et ce, jusqu’en 1848.

Problèmes sur les édifices religieux
En vertu de l’article 81 de la loi du 22 mars, il échoit aux communes, l’obligation de subvenir financièrement aux dépenses de la garde nationale dont un bataillon est cantonné à Mehun-sur-Yèvre. Le 20 mars 1832, Saint Laurent paiera donc une somme de 145 francs correspondant à l’achat de drapeaux, au traitement de l’Adjudant Major et de l’Adjudant Sous Officier ainsi qu’aux frais de bureau occasionnés par le Juré de Révision.
Cette année là, 280 francs de travaux seront effectués sur le presbytère.
Dans sa séance du 12 mai 1833, le Conseil vote une somme de 117,70 francs correspondant à un devis rédigé par André LOUAT, Régisseur au Blosset (Vignoux) et destinée à poursuivre les réparations à entreprendre sur la chapelle, le clocher ainsi que sur les murs du cimetière.
Le budget 1834 prévoit une somme de 560 francs pour la réfection des murs du cimetière.

1834 LES DEBUTS DE L’EDUCATION

Le Préfet du Cher demande à la Municipalité de Vignoux-sur-Barangeon de chercher un local afin de loger un instituteur.
Le Comte Henri d’ASSAY, propriétaire du Château du Blosset entreprend de faire former son Régisseur Pierre BOULIN, à l’école Normale de Bourges. Au terme de 6 semaines, ce dernier obtient son Brevet d’Enseignement le 1er avril 1834.
Dès cette date, la Municipalité de Saint Laurent est sollicitée pour participer à l’imposition extraordinaire nécessitée par la nomination de Pierre BOULIN, en qualité d’instituteur sur la commune de Vignoux-sur-Barangeon.
Cette année là, 9 enfants de parents indigents sont pris en charges financièrement (41 francs) par Saint Laurent pour leur scolarisation.
Suite à un litige, la municipalité impose, aux habitants qui désirent établir une construction, un tarif d ‘extraction de pierres sur le communal des Poteries, à raison de 6 francs la toise/cube de pierre.

planEn 1836, la population passe à 545 habitants.

Dans sa séance du 25 mai 1837, le Conseil s’émeut de l’état de sa voirie. Il décide, pour 1838, la réparation des 2 principales relations (chemin vicinal de Saint Laurent à Vouzeron, par les Pointes ainsi que celui rejoignant Vignoux, par le Crot à la Louise). Pour ce faire,le Conseil fixe des journées de prestations évaluées à 3 jours par habitant, voiture ou charrette attelée ainsi qu’à chaque bête de trait, de somme ou de selle. Il sera prélevé, en outre, une imposition de 5 centimes additionnels au Principal des contributions directes.

En novembre 1837, le Maire reçoit un courrier préfectoral qui l’informe du projet de construction de la route départementale 17 qui reliera Vierzon à la Chapelle d’Angillon (actuelle route d’Allogny). Il joint à cet effet un plan accompagné de la liste des terrains qui seront occupés par l’emprise de cette route.

Considérant que les enfants de Saint Laurent sont trop éloignés du lieu d’enseignement et dans un souci d’équité, le Conseil Municipal, dans sa cession de mai 1839, demande à celui de Vignoux d’établir l’école à mi-distance des deux agglomérations. Ce qui sera chose faite quelques années plus tard au Village des Moreaux : « l’unique salle de classe se situe dans un vieux bâtiment au toit couvert de chaume, aux murs de torchis, au sol de terre battue et n’est éclairée que par une petite fenêtre d’environ 40 centimètres carrés ».

Dans la même séance, le Conseil somme les habitants, dont les noms suivent, qui annexaient à leur profit des terres et des chemins communaux, de les restituer :
MOULON Denis, propriétaire à Chaumoux, pour avoir labouré une partie de bruyère du communal de la Noue des Assens
La Veuve Denis RIVIERE, née MARDESSON, pour avoir labouré une partie de bruyère du communal de la Noue des Assens.
CAMUZAT Jean, propriétaire à Chaumoux pour avoir labouré et emblavé une partie de bruyère communale joutant les terres de Mamets et le pacage du même lieu.
LOISEAU Ursin, propriétaire aux Jourdains pour avoir labouré une partie du communal de Guzon.
BOURDIN Louis, propriétaire à Vierzon pour avoir créé des fossés sur une partie du chemin de Bellechère (aujourd’hui Bellechasse)
Décès d’Antoine BOUQUIN
Ursin LOISEAU, Maire
Jean CLAVIER nommé Garde-Champêtre
Le Maire, Antoine BOUQUIN, s’éteint le 29 décembre 1839 à son domicile des Jourdains, à l’âge de 55 ans.
Son adjoint, Ursin LOISEAU, lui succédera dans la fonction de Maire, par nomination préfectorale et prêtera serment le 29 janvier 1840.
Le nouveau Maire va s’employer, afin d’éviter les cas litigieux de culture des biens communaux à demander le bornage de ceux-ci, durant les années 1840 à 1843.
Afin de remplacer une partie des membres du conseil, des élections partielles ont lieu le 28 mai 1840 à l’issue desquelles sont élus : Etienne DESBOIS, Eugène LELIEVRE, Claude BOUQUIN, François CHAUVEAU, Jean GRELAT, Ursin LOISEAU et Jacques BARATON. Le 3 septembre 1840, le conseil installe Ursin LOISEAU dans la fonction de Maire et Philippe BERTRAND dans celle de l’adjoint.

Le Conseil municipal du 27 mai 1841 décide de poursuivre le bornage des biens communaux ainsi que la réfection des chemins vicinaux et de procéder à la réparation de la passerelle des Planches.
Suite aux demandes de plus en plus pressantes du Conseil qui demandait un lieu d’instruction primaire moins éloigné, la municipalité de Vignoux autorise l’Instituteur à enseigner à Saint Laurent sous certaines conditions :
– Déplacement bihebdomadaire
– Fréquentation minimum de 10 enfants payants
La séance d’août 1841 accepte la proposition et s’engage à fournir une salle d’école ainsi que des bancs et des tables, continuera à participer au frais de traitement et logement de l’instituteur et qu’il sera admis à l’école 3 enfants parmi les plus pauvres de la commune. Cette solution ne verra pas le jour puique la commune de Vignoux va installer une salle de classe aux Moreaux, située à mi-distance des deux communes.
En 1841, la population de Saint Laurent est de 538 habitants.
Un courrier préfectoral nous apprend qu’un incendie considérable a eu lieu sur la commune le 12 septembre 1841 mais aucun élément municipal de l’époque ne nous permet d’en situer ni le lieu ni l’importance.
Quelque mois plus tard, une autre correspondance préfectorale précise que la résidence du nommé Antoine JACQUELAIN a brûlé le 15 avril 1842. Le sinistré demandait alors au Préfet, l’autorisation de quêter dans le Canton pendant un temps déterminé.
Le 30 mai 1842, le conseil informe qu’il est urgent de réparer les chemins de Saint Laurent à Mehun, à Bellechère (Bellechasse), à Vouzeron ainsi qu’à la Margauderie.

Le 16 novembre 1842, Pierre LE MARCHAND, un Parisien, achète à Henry d’ESTUT, comte d’ASSAY, le domaine des Vigneaux, des Places et des Planches. C’est le démantèlement de la baronnie de Bourdeilles (le Blosset).

Le 2 février 1843, il est procédé à la nomination du Sieur Jean CLAVIER, journalier (tisserand à la Margauderie), en qualité de garde-champêtre. Son traitement sera de 150 francs par an. Les archives communales nous apprennent que Jean CLAVIER était un ancien militaire de l’armée napoléonienne, appartenant à la 2ème Compagnie du 1er Bataillon du 17ème Régiment de ligne. Ayant retiré son congé de réforme sous pension le 26 novembre 1814, il s’était retiré à Saint Laurent depuis cette date.

Le 4 juin 1843, des élections nomment une partie du Conseil : Philippe BERTRAND, Mathurin CARRE, Denis MOULON, Jacques RAMAIN, Etienne DESBOIS, Louis TARDY, Jean SEBAULT et Jean-Louis NERON. Le 24 septembre de cette même année, Ursin LOISEAU est maintenu dans son poste de Maire ainsi que Philippe BERTRAND dans celui d’adjoint, par décision préfectorale.

Le budget 1843 propose 1200 francs pour la reconstruction de la passerelle, 130 francs pour le bornage des communaux et 66,97 francs pour l’entretien des chemins vicinaux.

En 1843, un orage de grêle particulièrement violent détruit les récoltes (4 familles seront indemnisées par le Gouvernement l’année suivante.
Dans la séance du 14 mai 1844, le Maire propose l’abandon de la reconstruction de la passerelle des Planches et opte plutôt pour la construction d’un pont. Néanmoins une somme 150 francs est inscrite au budget 1845 pour les dépenses afférant à la reconstruction de la passerelle.
Le 27 août 1844, Pierre Le MARCHAND, propriétaire des Vigneaux (et le plus imposé de la commune) propose à la commune la suppression d’une partie du chemin rural partant de la Prèsle et allant jusqu’à la Garenne des Vigneaux. En contrepartie, il propose d’assainir (empierrement et création de fossés) le chemin venant de Vouzeron, partant du croisement des Dez jusqu’au chemin de la Margauderie en passant par les Champs Guillard, les Claudis, le Pacage des Bœufs et les Terres Fortes.
Le Conseil accepte la proposition de Monsieur LE MARCHAND. Lors de cette séance, Monsieur LE MARCHAND a proposé au Conseil plusieurs échanges de chemins et de terrains communaux. Ces propositions ont toutes reçu l’aval du Conseil Municipal.

Le Conseil Municipal du 15 mai 1845 demande au Maire de faire borner tous les communaux. suite à l’appétit de gros propriétaires.

Le conseil du 21 mai 1846 autorise le Maire à vendre le communal de la Bourgeoiserie afin de faire face aux dépenses de bornages. Suite aux inondations provoquées par le mauvais entretien du Barangeon, le Conseil demande aux propriétaires de réaliser les travaux qui s’imposent.

Le 20 octobre 1846, le Préfet nomme Pierre le MARCHAND, Maire de la commune de Saint Laurent et Hyppolite DANLOS, son adjoint. Monsieur LE MARCHAND n’est peut être pas étranger à cette nomination. D’une part, l’ancien Maire le gênait dans ses acquisitions plus ou moins litigieuses des biens communaux et, d’autre part, il incarnait le personnage le plus imposé de la commune et plutôt enclin à servir de la fort belle manière, le Pouvoir Monarchique en place.

Séance du 14 mars 1847 : le Maire, considérant qu’une quinzaine d’ouvriers étant sans ouvrage sur la commune, demande au Conseil de faire un emprunt de 1500 francs afin de les utiliser à réparer et élargir les chemins vicinaux. Mais, n’ayant pas les moyens Monsieur Le MARCHAND propose de vendre des communaux dont les désignations suivent :
– Le communal de la Vèvre (2ha51a)
– Le communal de la Fontaine de Gui (50a)
– Le communal de l’Aujonnière
– Le communal de la Noue Bonnin (30a)
La session du 23 mai 1847 est plutôt houleuse et Conseil autorise Monsieur DANLOS (adjoint) à poursuivre judiciairement , au nom de la Commune, le Maire, Pierre le MARCHAND (absent),demeurant aux Vigneaux, à l’effet de restituer différentes pièces de communaux illégalement par lui annexées :
-La Noue des Ascens (2ha50a)
– L’Aujonnière des Chailloux (1ha35a)
– Canton du Guzon (32a)
– Le Gros Tureau (37a)

Le Conseil demande au Maire, suite aux opérations de bornages, de poursuivre les propriétaires qui refuseraient de restituer les terres illégalement appropriées.

Le 28 octobre 1847, le Maire informe le Conseil que, faute d’une église et d’un presbytère décents, l’Archevêque de Bourges propose que la commune soit érigée en succursale pour 1848. Seuls, les aménagements de l’église ainsi que du presbytère pourront surseoir à cette décision.

LA REVOLUTION DE 1848 -LE SECOND EMPIRE

La révolution de 1848 entraîne un progrès décisif : les conseillers municipaux sont désormais élus au suffrage universel et ont le droit d’élire les Maires des communes de moins de 6000 habitants. C’est la Seconde République. Le coup d’Etat du 2 décembre 1851 et la proclamation du Second Empire marquent cependant le retour au Centralisme qui prévalait avant 1830. Le signe le plus évident de cette évolution est le retour à une procédure autoritaire de nomination des Maires, effectuée directement par le Pouvoir Central. Dans ce domaine, comme dans les autres, l’Empeur met ses pas dans ceux de son illustre prédécesseur.

Le 13 août 1848, il est procédé à l’installation du Maire, de l’adjoint ainsi que des conseillers :

Ursin LOISEAU, élu Maire
Guillaume ROZAY, élu adjoint

Sont installés conseillers :

Denis MOULON, Jean SEBAULT, Jean GRELAT, Philippe BERTRAND, Jean BEAULANDE, Claude BOUQUIN, Jean CHAGNON, Pierre RAMAIN, Etienne DESBOIS, Mathurin CARRÉ.
legliseLe 18 octobre 1848, l’église de Saint Laurent est officiellement et définitivement érigée en succursale.

Le 25 février 1849, le Conseil, considérant que l’église tombe en ruines et dont il ne reste plus que les murs, décide de faire appel à un architecte du département, Monsieur JULIEN, à fin d’établir des devis de reconstruction. Il convient de préciser que, suite à l’état de délabrement de l’église, tous ses accessoires et ornements avaient été transportés dans celle de Vignoux, depuis le 3 nivôse an XI (24 décembre 1802).

De 1848 à 1850, Pierre LE MARCHAND, ancien Maire, entreprend la construction d’une grosse bâtisse sur un lieu qui deviendra l’Ormoy. Il quittera dès lors, les Vigneaux afin d’y résider.
Dans sa séance du 22 mai 1849, le Conseil décide de lever des taxes de pacage sur tous les bestiaux qui paissent sur les communaux afin de faire face aux énormes dépenses de reconstruction de l’église :
– Par chaque tête d’aumaille (bête à cornes), cheval, mulet et âne âge de plus d’un an : 50 centimes
– Par chaque tête de bête à laine âgée de plus d’un an : 25 centimes
– Par chaque tête d’oie mère : 50 centimes
– Par chaque tête de cochon de plus de huit mois : 1 franc

lormoy

Pour faire face aux dépenses occasionnées aux chemins vicinaux, il est imposé aux habitants, 3 journées de prestations et 5 centimes.
De plus, un impôt supplémentaire de 200 francs est voté afin de payer le garde-champêtre.

Le 19 août 1849, le Maire rappelle au Conseil que « …depuis longtemps à sa connaissance,…que le vœu unanime de tous les habitants de la commune consiste à voir réédifier leur église dont ils sont privés depuis 1793, que de longues années se sont écoulées, depuis cette époque, de triste mémoire leur font regretter l’absence de leur église avec d’autant plus de peine qu’aucun service religieux n’a plus lieu dans la commune et qu’ils sont obligés de parcourir de grandes distances pour aller assister à l’office, ce que ne peuvent faire les vieillards et les personnes infirmes ». Le Conseil vote aussitôt une somme de 6 000 francs (3 000 francs pour 1850 et 3 000 francs pour 1851). Tout ceci ne fait pas le compte au vu du devis de 18 000 francs proposé par les architectes. « En conséquence, le conseil prie Monsieur le Préfet de bien faire parvenir à Monsieur le Ministre des Cultes et dans les plus courts délais qu’il lui sera possible, l’extrait de la délibération du Conseil, avec le projet ci-joint composé de 4 feuilles. Le Conseil sera très obligé à Monsieur le Préfet, s’il veut bien approuver la demande de la Commune de Saint Laurent dont la pauvreté et les besoins sont bien connus de Monsieur le Préfet ».

Comme nous avons pu le constater, l’église n’est plus utilisée depuis 1793, mais auparavant, la visite pastorale de Monseigneur de la Rochefoucault effectuée à Saint Laurent le 18 juin 1737 faisait état d’un mauvais entretien général du temporel de l’église.

Histoire de la commune de 1790 à 1810

imageVisite pastorale de Monseigneur de la Rochefoucauld dans la paroisse de Saint Laurent.

Mardi 18 juin 1737

Le mesme jour mardy dix huit juin mil sept cent trente sept environ les deux heures après midy nous Frédéric Jérôme de Roye de la Rochefoucauld Patriarche Archevêque de Bourges continuant les visites de nostre Diocèse accompagnés de nos officiers ordinaires nous sommes transportés en l’église parroissiale de St Laurent sur Barengeon ou nous avons estés reçus avec les marques d’honneur de la distinction due à notre dignité et notre caractère par Mr Jean Bap Chevry preste curé de la dite parroisse assisté de plusieurs curés du voisinage et après les prières ordinaires et accoutumées marquées par le rituel de nostre Diocèse nous avons procédé à nostre visite suivant le contournement à nostre mandatement d’indication avec jour et heure duement publié en la dite église au prosne de la messe parroissiale ainsy qu’il nous a esté certifié par ledit Sieur Curé laquelle visite nous commençons par celle du très St Sacrement dont nous avons donné la Bénédiction au peuple et continué ensuitte par tout ce qui y est sujettant au d’hors qu’au-dedans de ladite église et avons observé qu’il n’y a aucune marque de conservation sur le carreau d’ardoise que nous avons trouvé incrusté dans la salle du grand autel que le tabernacle qui anciennement estait asses propre et dont la menuiserie est encore fort bonne est actuellement sale et malpropre de mesme que le tableau du maistre autel que le calice est extrêmement léger et peut aisément se renverser que les Vaisseaux des Saintes huiles qui sont d’une figure antique ne ferment pas sûrement qu’il n’y a point de dais au dessus des fonds baptismaux que l’armoire qui à costé a esté creusée dans l’épaisseur du mur n’est point boisée ce qui la rend un peu humide que l’ornement noir est hors d’estat de fermer que le marchepied de l’autel de Notre Dame est totalement pourry que le Retable de celuy de St Blaise qui est vis-à-vis est extrêmement noir et sale sur quoy es-ce Requerant nostre promoteur nous ordonnons

1°) que le Sieur Curé se pouvoir incessamment d’un marbre ou pierre consacré qui sera incrusté dans la table du grand autel

2°) que le tabernacle sera gratté, lavé ensuitte redoré au moins sur les sculptures et moulures et le surplus peint proprement

3°) que le tableau du mesme grand autel sera nettoyé et retouché ou il est besoin

4°) que la tige et le pied du calice seront remplies de mastique pour estre plus fermes et solides

5°) qu’il sera fourny un ornement noir complet scavoir la Chasuble, l’estole, manipule, voile et bourse

6°) que les Vaisseaux des Saintes huiles seront changés pour d’autres neufs propres et décents au moins d’estain fin fermant à vis afin d’estre plus seurs, que l’armoire qui a esté creusée dans l’épaisseur du mur a esté des fonds baptismaux dans le dessein de renfermer les mesmes Vaisseaux sera boisée afin qu’elle soit plus décente et plus saine et qu’au dessus des mesmes fonds et sera mis un dais pour garantir des ordures qui tombent de la couverture

7°) que les carreaux d’ardoise consacrés que nous avons trouvés sur les deux petits autels seront incrustés dans les tables, que le marchepied de l’autel de la Vierge sera refait à neuf, que le Retable et les gradins de celuy de St Blaise qui est vis-à-vis seront nettoyés et repeints le tout aux dépends de qui il appartiendra et à la diligence du Procureur fabricien. Ensuite après une brève exhortation pour disposer les fidels à recevoir nostre visite avec fruit nous avons administré le Sacrement de la Confirmation aux personnes préparées à le recevoir et ayant pris autant qu’il nous a esté possible une connaissance exacte du spirituel de ladite parroisse nous avons au Curé et habitants présents donné les avis que nous avons jugé nécessaire pour leur conduitte ensuite le nommé Jacques Arblot procureur fabricien de ladite église nous ayant présenté les comptes de recettes et dépenses jusqu’à ce jour nous les avons arresté en présence des Sieurs Curés et principaux habitants et afin que personne ne prétende cause d’gnorance de nos ordonnances cy dessus qui seront exécutées nonobstant opposition ou appellation quelconque attendu ce dont il s’agit nous enjoignons au Sieur Curé de faire la lecture de nostre cy présent procès verbal au prosne de la messe parroissiale le dimanche suivant qu’il luy en aura esté copie.

LES ACQUIS DE LA REVOLUTION

Le Maire, « major » ou « premier » magistrat de la ville, est un personnage ancien de l’histoire de France. Sans remonter jusqu’aux Maires du Palais de l’époque mérovingienne, ils apparaissent véritablement aux XIIème et XIIIème siècles avec l’essor des villes, l’émergence de la bourgeoisie et le développement du mouvement communal. Visant à libérer les villes de la tutelle de la monarchie ou de l’église. Échevins, Consuls, Capitouls…, nombreux sont les termes qui désignent ces magistrats, cooptés parmi les membres de la bourgeoisie ou de l’aristocratie locale.
Au XVIIIème siècle, au terme d’une évolution commencée trois siècles plus tôt, les magistrats municipaux sont propriétaires de leur office, acheté à la monarchie. Si elle existe, l’élection est d’usage dans les cas où les offices n’ont pas trouvé preneur ou bien dans les villes ayant racheté l’office au roi. Des administrations collégiales se mettent en place, le maire nommé étant à la tête d’un « corps de ville » composé de notables siégeant de droit ou désignés.
A la veille de la Révolution, sensible aux critiques croissantes émises contre la vénalité des charges et guidée par un souci de rationalisation, la monarchie tente de réformer l’administration des municipalités en y apportant plus d’uniformité et de représentativité. Turgot, Necker, Calonne, Loménie de Brienne, se vouent successivement à cette tâche, sans beaucoup de succès en raison de l’opposition des assemblées de notables. Il faut en fait attendre la Révolution et les bouleversements qu’elle entraîne dans la société pour que se produisent, dans ce domaine, de véritables transformations.
1789 marque en effet la reconnaissance des communes comme premier niveau d’encadrement et d’administration de la société. Le décret du 12 novembre 1789 met en place la nouvelle organisation administrative du pays. Celle-ci comprend trois niveaux d’encadrement : le département, le district et la commune. Au nombre de 40 000, les communes, dans les faits, consacrent les frontières des paroisses, des cités et des bourgs de l’Ancien Régime. Dans la mesure où le pouvoir central n’a plus de représentant local – les intendants d’Ancien Régime ont été supprimés et les préfets seront créés plus tard -, c’est le procureur syndic qui, au niveau de la commune, prend en main la défense de l’intérêt public et veille à l’application des lois. Ce magistrat est élu par un corps électoral composé de citoyens actifs et établi en fonction de critères censitaires, variables selon la nature de l’élection.
La loi du 14 décembre 1789 marque une nouvelle étape dans l’histoire de maires. Elle précise en effet que « le chef de tout corps municipal portera le nom de maire ». C’est un acte de naissance officiel. Réunis en assemblée, les citoyens actifs (1) désignent les membres du conseil municipal au scrutin de liste et le maire au scrutin uninominal. Le maire est élu pour deux ans. Son mandat est renouvelable après deux ans d’interruption. Motivée par la crainte de voir émerger des pouvoirs locaux concurrents du pouvoir central, cette disposition conduit à une grande instabilité. La fréquence des renouvellements ne joue pas en faveur de l’efficacité. En dépit de ces imperfections, le système mis en place au début de la révolution marque une avancée significative par rapport à l’Ancien Régime et pose les bases de l’organisation municipale actuelle.
(1) La constitution de 1791 nous en donne la définition suivante : Seuls, les hommes âgés d’au moins 25 ans pouvaient être citoyens actifs, devaient : résider depuis au moins un an dans la paroisse ou dans le canton, être inscrits à la garde nationale du domicile, avoir prêté le serment civique, payer une contribution directe égale à 3 jours de travail et ne devaient pas être ni domestiques, ni en état d’accusation, ni failli.

DIMANCHE 21 FEVRIER 1790 A SAINT LAURENT, FORMATION DE LA 1ERE MUNICIPALITE

Le 15 janvier 1790, l’Assemblée nationale décrète une nouvelle division administrative de la France en 83 départements, districts (7 pour le Cher), en cantons et en municipalités. Le département du Cher est créé officiellement par lettre patente du Roi et le 4 mars sur décrets de l’assemblée nationale des 15 janvier, 16 et 26 février. Saint Laurent est rattaché au district de Vierzon.

Le dimanche 14 février 1790, Saint Laurent procède à la formation d’une Assemblée :
« l’an mil sept cent quatre vingt dix, le quatorze du mois de février, en vertu des lettres patentes de sa majesté sur un décret de l’assemblée nationale touchant la Constitution et formation des municipalités données à Paris au mois de décembre mi sept cent quatre vingt neuf . L’assemblée, pour former la municipalité de cette paroisse ayant été indiquée au prône de la messe paroissiale par lecture faite d’affiches aux principales portes de l’église, le dimanche sept du présent mois pour ce dit jour quatorze du courant ; les citoyens et habitants de la dite paroisse de Saint Laurent ayant été convoqués au son de la cloche, à deux heures après midi et tous assemblés dans la dite église paroissiale, on a procédé, sous l’inspection de François Loiseau, ancien syndic de la dite paroisse, à la formation de la dite assemblée, laquelle étant composée de tous les citoyens actifs de la dite paroisse, qui ont tous prêté serment de procéder en leur âme et conscience à l’élection de tous les membres devant composer la dite Municipalité. Après quoi, on a procédé à l’élection du Président et du Secrétaire à laquelle place ont été prononcés par scrutin à la pluralité relative des suffrages Mre Jacques, Joseph Corbin, curé de la dite paroisse pour Président (2) et Maître Louis Chauveau pour Secrétaire. Le suffrage ayant été reçu, ouvert et dépouillé par les Sieurs Michel Beaubois, François Loiseau et Louis Chauveau, tous les trois les plus anciens d’âge, ceux qui scavent écrire, on a ensuite été au scrutin pour l’élection des trois scrutateurs et ceux qui ont acquis la pluralité relative de suffrage sont le Maître Jean Jouhannet, laboureur de dit Sieur Curé et Louis Chauveau qui ont eu cette qualité, prêté le serment requis par la loi et ont ensuite reçu, ouvert et dépouillé les scrutins subséquents. Cela fait on a procédé ensuite à l’élection du Maire et chef de la municipalité par un scrutin individuel et la pluralité absolue du suffrage est tombée sur Me Jacques, Joseph Corbin, curé de la paroisse et président de la dite assemblée, lequel ayant reçu en sa faveur trente deux voix sur quarante huit a été élu et proclamé Maire de la municipalité. Devant tous les cytoyens, qui l’ont agréé après qu’il a été lui-même accepter la dite place et, le jour finissant, nous avons remis la séance au dimanche suivant.
(2) Jacques, Joseph CORBIN était également le curé de Vignoux sur Barangeon. Il exerçait cette fonction depuis 1787 et jouissait d’une somme de 557 livres et 7 sols. Au mois d’avril 1791 et le 16 de ce mois, il prêta serment à la constitution civile du Clergé entre les mains de Bouquin fils, Maire de la Commune. La déclaration de ce serment est écrite de sa propre main ; puis, le 25 nivôse an II (17 janvier 1794) ; il se marie à l’âge de 32 ans avec une jeune fille de 23 et c’est encore lui qui dresse et signe son acte de mariage.
Puis à la formation de la première municipalité à Saint Laurent le dimanche 21 février 1790
Et le dit dimanche vingt et un du mois de février, les mêmes habitants avertis et convoqués comme ci-dessus et assemblés au même lieu, on a procédé à l’élection des deux officiers municipaux par un scrutin de liste double qui a été reçu, ouvert et dépouillé par le même scrutateur nommé cy dessus et ont été choisis à la pluralité absolue des suffrages. Le Maître Jean Jouhannet, laboureur et le Maître Antoine Bouquin père qui ont accepté la dite place et ont été agréés par la commune. La même opération s’est faite pour l’élection du Procureur de la Commune et on a choisi par un scrutin individuel, le Maître François Loiseau qui a reçu en sa faveur trente six voix sur quarante huit et acté en cette qualité proclamant procureur de la commune après avoir lui-même accepté la dite place. On a procédé ensuite à l’élection des notables par mêmes voix de scrutin de liste double, les Maîtres François Princès, Adrien Moreau, laboureur, Valérien Loiseau, laboureur,Simon Pétat, manœuvre, François Jourdain, manœuvre et Michel Beaubois ont emporté la pluralité relative des suffrages et ont été proclamés notables de la dite municipalité de St Laurent, ayant accepté la dite place. Les dix membres de la nouvelle municipalité ayant été décidés élus, se sont rassemblés entre eux et ont choisi pour leur secrétaire greffier, le Maître Pierre Loiseau qui a accepté la dite place. Tout étant ainsi disposé, on a procédé à la prestation du serment prescrit par la loi, lequel serment a été prêté entre les moins, le dit président de l’assemblée et les dits membres de la nouvelle municipalité ont tous juré d’être fidèle à la Nation, à la Loi et au Roi, de maintenir de tout leur pouvoir, la Constitution du royaume et de remplir fidèlement la fonction dont ils seront chargés après quoi on a chanté le te deum en action de quoi, fait et passé à St Laurent sur Barangeon, le vingt et un février mil sept cent quatre vingt dix, les uns ont signé avec nous, les autres ayant déclaré en le scavoir. »
Corbin, Maire

Comme on peut le constater, malgré les premières velléités révolutionnaires, d’écarter la religion et la royauté, à Saint Laurent, c’est un curé qui en fut le premier maire et il est toujours de mise de prêter fidélité au Roi. Mais il fallait rapidement mettre en place les nouvelles divisions administratives et souvent, dans les campagnes, seuls les gens d’église possédaient l’érudition et le savoir. On notera également que la mise en place de la nouvelle municipalité s’est déroulée dans l’église et qu’elle s’est conclue par un Te Deum. En conclusion et pour simplifier, la composition de la première municipalité de Saint Laurent est la suivante :
– Jacques, Joseph CORBIN, élu Maire
– Jean JOUHANNET, élu Officier Municipal
– Antoine BOUQUIN père, élu Officier Municipal
– François LOISEAU, élu Procureur de la Commune
– François PRINCÈS, élu Notable de la Commune
– Adrien MOREAU, élu Notable de la Commune
– Valérien LOISEAU, élu Notable de la Commune
– Simon PÉTAT, élu Notable de la Commune
– François JOURDAIN, élu Notable de la Commune
– Michel BEAUBOIS, élu Notable de la Commune
– Pierre LOISEAU, élu Secrétaire-greffier

APPLICATION DES DECRETS REVOLUTIONNAIRES

18 mars 1790 : en application des décrets de l’assemblée nationale qui concernait la déclaration des biens ecclésiastiques, la municipalité reçoit, de son maire-curé, l’original de la déclaration des biens, fonds, revenus et dépendances de la cure et de la Fabrique (3) de Saint-Laurent-sur-Barangeon pour en transmettre ensuite une copie au Comité ecclésiastique de l’assemblée nationale.
(3) la fabrique est non seulement l’ensemble des biens d’une église, mais également l’organisme qui la représente et qui doit pourvoir à l’exercice du culte. La paroisse a été, jusqu’à la création des communes, autant le centre spirituel qu’administratif de la communauté. Au début du XIIIème siècle apparaissent les « fabriques » contrôlées par les autorités religieuses puis, au XIVème, gérées par les paroissiens eux-mêmes : les fabriciens.
15 avril 1790 : au lieu-dit « les Courreaux » (Commune de Vignoux-sur-Barangeon), les élus de St Laurent rejoignent ceux de Vierzon-Village afin d’établir les limites et procéder au bornage entre les deux anciennes paroisses.
20 avril 1790 : il est procédé au bornage des limites avec les communes de Vignoux-sur-Barangeon, d’Allouis et d’Allogny.
26 avril 1790 : le bornage est réalisé avec la commune de Vouzeron.
Mai 1790 : la Commune procède au recensement de tous les biens des propriétaires (dépendances et terres), pour établir ensuite une base d’imposition. Un état de tous les loyers et fermages des locataires est également établi.
14 juillet 1790 : tous les habitants et membres de la municipalité sont rassemblé dans l’église paroissiale afin de prêter fidélité à la Nation, à la Loi et au Roi .
1790 a également été l’année de construction du Moulin Neuf par Sylvain Roux, agriculteur à la Margauderie.image1

DEMISSION DE JACQUES, JOSEPH CORBIN, ÉLECTION D’ANTOINE BOUQUIN, FILS

Dimanche 14 novembre 1790 : « …nous avons reçu la démission libre et consentante de la place du Mairat dont nous avons dressé acte ». Cette démission préfigurait probablement une élection à venir voulue par le pouvoir central. Ce même jour, « les citoyens et habitants sont convoqués à l’église, au prône de la messe paroissiale, au son de la cloche, à deux heures de l’après midi » pour une nouvelle nomination élection d’officiers municipaux et notables de la commune.
Dans un premier temps, Antoine Bouquin père (officier municipal), François Princès, François Jourdain et Michel Beaubois (notables) ont été exclus par le sort. Puis, une élection à nommé Jacques, Joseph Corbin au poste de président et Antoine Bouquin fils au poste de secrétaire. L’élection du maire qui s’ensuivit a désigné Antoine Bouquin fils (24 voix sur 34) puis Simon Pétat a été désigné officier municipal et enfin Valérien Loiseau, Denis Mardesson et Jean Jourdain ont été installés aux postes de notables. La 2ème municipalité est donc composée comme suit :

– Antoine BOUQUIN Fils, élu Maire
– Jean JOUHANNET, élu Officier Municipal
– Simon PÉTAT, élu Officier Municipal
– François LOISEAU, élu Procureur de la Commune
– Adrien MOREAU, élu Notable de la Commune
– Valérien LOISEAU, élu Notable de la Commune
– Denis MARDESSON, élu Notable de la Commune
– Jean JOURDAIN, élu Notable de la Commune
– Michel BEAUBOIS, élu Notable de la Commune
– Pierre LOISEAU, élu Secrétaire-greffier
Dimanche 16 janvier 1791 : Jacques,Joseph Corbin, curé de la paroisse, prête serment de fidélité à la Nation, à la Loi et au Roi et de maintenir de tout son pouvoir, la constitution du Royaume décrétée par l’Assemblée Nationale.
Ce serment constituait donc, pour le district de Vierzon, l’absence de prêtre réfractaire sur les paroisses de Saint Laurent et de Vignoux.
Dimanche 06 février 1791 : le District de Vierzon demande à la Municipalité de Saint Laurent l’envoi d’un tableau indicatif mentionnant le nombre, la contenance et la situation de chaque héritage. Quatre sections d’enquête seront ainsi créées (le Bourg, les Jourdains, la Margauderie et Chaumoux). La révolution faisait l’inventaire des biens de la noblesse.
Dimanche 20 février 1791 : la commune procède à la nomination des enquêteurs comme suit ;
– Le Bourg : Michel Pornain et François Princès (commissaires), Pierre Prault (indicateur), Simon Pétat (officier municipal)
– Les Jourdains : le Sieur Compoing et Antoine Bouquin Père (commissaires), Jean Béguin (indicateur), Valérien Loiseau (officier municipal)
– La Margauderie : Sylvain Jaulin et Sylvain Roux (commissaires), François Gaillard (indicateur), Jean Jouhannet et François Loiseau (officiers municipaux)
– Chaumoux : Denis Mardesson et François Jourdains (commissaires), François Gibault (indicateur), Antoine Bouquin Fils (maire)
Fonctions et résidences de enquêteurs précités :
– Michel Pornin (propriétaire forain au Bourg de Vouzeron)
– Le Sieur Compoing (propriétaire forain à Vouzeron)
– Sylvain Jaulin (propriétaire à la Margauderie)
– Denis Mardesson (Chaumoux)
– François Princès (propriétaire à la Bottandrie)
– Antoine Bouquin père (propriétaire aux Jourdains)
– Sylvain Roux (propriétaire à la Margauderie)
– François Jourdain (locataire à la Camuserie)
– Pierre Prault (manoeuvre au Village Brûlé)
– Jean Béguin (laboureur aux Pointes)
– François Gaillard (la Couturanderie)
– François Gibault (le Monthion)

1792, REMISE EN CAUSE DE LA PAROISSE

Cette année 1792 verra un marquant à St Laurent : la remise en cause de la paroisse par l’Assemblée qui décidait son partage entre les communes de Vignoux et de Vouzeron.
« …il a été exposé que la paroisse de Saint Laurent n’est distante de celle de Vignoux que d’une 1/2 lieue et d’une lieue au plus de celle de Vouzeron, qu’ainsi une partie de la paroisse de Saint Laurent, les hameaux appelés le Moulin Montion, les Places, la Métairie des Pronchères, celle du Vignau, la Loge, le Moulin Neuf, le Village des Jourdins, la Bergerie, la Botandrie, la Camuserie, le Lièvre, les Barauds (comprendre les Bourands), Bellechasse, le Village Brûlé, les Poterie, Beauregard, la Métairie de Mamet…seraient réunis à Vignoux… ». Nous reviendrons à cette affaire en 1793.
Dimanche 15 janvier 1792 : Antoine Bouquin fils (maire), nommé pour la circonstance receveur communal, procède à la publication et à l’adjudication du rôle.
1792, la Patrie est proclamée en danger et réclame des volontaires (âgés de 18 à 25 ans) pour la défendre. Si 3 habitants de Vignoux et 19 de Vierzon rejoignent le deuxième bataillon du Cher, le volontariat, pour la circonstance, à St Laurent fut nul. Ces gens là participèrent à la bataille de Valmy (20 septembre 1792).
Le 10 septembre 1792 : le curé de la paroisse, Jacques, Joseph Corbin prête serment, en vertu de la loi du 15 août 1792, relative aux fonctionnaires publics. La révolution écartait les religieux et commençait à mettre en place des ministres du culte catholique, entièrement soumis au pouvoir.
Dimanche 16 décembre 1792 : en vertu de la Loi et à la demande du district de Vierzon, il a été procédé à l’élection d’une nouvelle municipalité :
– Antoine BOUQUIN fils, élu Maire
– Pierre LOISEAU, élu Procureur de la Commune
– Sylvain GEOLLIN, élu Officier municipal
– François PRECHAT, élu Officier Municipal
– Pierre GRELAT, élu Notable
– Pierre PRAULT, élu Notable
– Jean LEMOINE, élu Notable
– Denis MARDESSON, élu Notable
– Etienne JOUFFIN, élu Notable
– Pierre JOUHANNET, élu Notable

22 SEPTEMBRE 1792 (1ER VENDEMIAIRE AN I), PROCLAMATION DE LA 1ERE REPUBLIQUE

L’instauration du calendrier républicain est promulguée à cette date. En fait, il ne sera appliqué que l’année suivante (22 septembre 1793) et l’An I de la République sera, de ce fait, ignoré.
Février 1793 (21 pluviose An I) : Selon les directives du gouvernement provisoire révolutionnaire, les nom de Saint Laurent doit changer. Notre commune s’appellera, le temps de la Révolution LAURENT-LÈS-BOIS.
Dès le 24 février 1793, la France tente de lever une armée volontaire de 300 000 hommes (2609 pour le Département du Cher). Ce fut un échec.
Le 21 mars 1793 : en application du Décret de la convention nationale et sur demande du district de Vierzon, le secours de la République française demande à Saint Laurent une contingent de 6 hommes sur les 37 enrôlables. Aucun ne s’étant porté volontaire, il est procédé à un tirage au sort. A cet effet, il fut disposé dans un chapeau 37 bulletins pliés, dont 6 étaient de couleur noire à l’intérieur. Les enrôlables étaient appelés à tour de rôle, jusqu’à ce que 6 d’entre eux aient été désignés par le sort. Les noms suivants rejoignirent donc la 7ème Division (laquelle participa probablement aux batailles de Wattignies et de Fleurus). :
– Jacques BIDAULT, 22 ans, domestique
– Pierre SALMON, 19 ans, domestique
– Simon BONTEMPS, fendeur
– Jean BIGONNEAU, 23 ans, domestique
– Pierre FOURRÉ, 28 ans
– Jean POTHIER, 21 ans, domestique

16 MAI 1793, REMISE EN CAUSE DE LA PAROISSE (FIN)

Antoine Bouquin fils (maire), Jacques, Joseph Corbin (curé) et François Loiseau (citoyen) protestent contre la décision de supprimer la paroisse de St Laurent par l’envoi de la correspondance suivante :
« …St Laurent compte 450 âmes, Vignou 1030 âmes, Vignou compterait alors plus de 1300 âmes et aurait besoin d’un vicaire,
Donc d’un traitement supplémentaire de 700 livres, plus 300 livres au curé, ce qui ferait 1500 livres.
Si la paroisse de St Laurent est conservée, les deux communes de Vignou et de Vouzeron se passeront facilement de vicaire, et la république y trouvera un bénéfice de 800 livres puisque le curé de St Laurent n’a que 1200 livres.
Dans le cas de notre conservation, vous pouvez donner à notre commune une population plus proportionnée à celle des voisins en soustrayant à la paroisse de Vignou, un village considérable appelé Village aux Rois, contenant environ 60 âmes et le domaine du Parc composé environ de 10 à 12 âmes, ces deux endroits étant plus près de notre église que de celle de Vignou.
Ajoutez à cela que presque toutes les personnes de ces deux hameaux viennent tous les dimanches à notre messe paroissiale, nous pourrions vous faire observer encore que l’église de Vignou est déjà trop petite pour le nombre de ses habitants, la nôtre, au contraire est assez spacieuse pour en contenir un plus grand nombre… ».
Il convient de préciser que l’église de Vignoux, à cette époque, se situait au lieu-dit actuel « le Vieux Vignoux » (entre les hameaux de la Normandie et des Moreaux). Cette église, qui n’existe plus, a été reconstruite, le 4 mars 1860 à son emplacement actuel qui s’appelait Barangeon.
Quoi qu’il en soit, ce projet de réunions de paroisses, n’a, dès lors plus jamais fait parler de lui.
Le 27 octobre 1793, le soldat de la République Sylvain BADIN, soldat fusillier est blessé au 2ème bataillon des Ardennes (compagnie marche) entre à l’hôpital de l’Égalité à Arras le 8 ventôse An II (26 janvier1794). Il y décèdera le 24 ventôse (14 février) de cette même année.image2

Reproduction de la toute première page du premier registre de délibérations de notre commune, en date du 14 février 1790

21 PLUVIOSE AN II (9 FEVRIER 1794), NOUVELLE MUNICIPALITE

Le 9 février 1794, une nouvelle municipalité est constituée. Le Maire sera le citoyen François LOISEAU, Louis CHAUVEAU et François PORCHAT (officiers Municipaux), Antoine BOUQUIN (agent national), Pierre PRAUT, Denis MARDESSON, Jean LEMOINE, Pierre GRELAT, Pierre LOISEAU, Pierre JOUANNET (notables) et Michel BEAUBOIS (Greffier).
L’équipe municipale de ces années était particulièrement affectée au recouvrement des rôles ainsi qu’à l’application des Lois. Ainsi, le 18 juin 1794 (prairial an II), Antoine BOUQUIN est nommé Receveur de la Commune.
La population, quant à elle se maintenait tant bien que mal, sujette aux guerres ainsi qu’aux épidémies. Si un recensement sommaire de 1793 faisait apparaître 450 âmes, un autre, effectué en 1795 en dénombrait 312.

1ER THERMIDOR AN III (19 JUILLET 1795), AFFERMAGE DU PRESBYTERE

Sous la Présidence de François LOISEAU, Maire et de Antoine BOUQUIN, Agent National, le Presbytère a été affermé au plus offrant et a été adjugé pour 25 livres au citoyen François MOREAU.
Les biens de l’église, devenus propriété communale, commencent ainsi a être distribués aux habitants.

18 BRUMAIRE AN IV ((4 OCTOBRE 1795), NOMINATION D’UN GARDE CHAMPETRE

En application des articles 1 et 2 de la loi du 20 messidor (9 juillet) établissant un garde-champêtre dans chaque commune, le 18 brumaire, An IV (4 octobre 1795), Antoine BOUQUIN Fils et Louis CHAUVEAU ont été respectivement nommés Garde-Champêtre (agent de commune) et adjoint, tous les deux étant propriétaires et cultivateurs.
Deux jours plus tard, le 20 brumaire, le premier garde champêtre de la commune recevait la déclaration du Ministre du Culte catholique, Jacques CHAUMARD-LACROIX, dont la teneur suit :
« je reconnais que l’universalité des citoyens français est le souverain et je promets soumission et obéissance aux lois de la République ».
Le 19 Brumaire An IV (9 octobre 1795), René RICHER est Ministre du Culte catholique, apostolique et romain et déclare « choisir pour l’exercice du culte, la cy devant église de ce lieu…et reconnais que l’universalité des citoyens français est le souverain et promet soumission et obéissance aux lois de la République ».
Le 13 Germinal An V (2 mars 1796), il est procédé à l’élection d’un garde-champêtre (Valérien LOISEAU et de son adjoint (François LOISEAU, manœuvre), tous les deux demeurant aux Jourdains.
1799 va clore la 1ère République pour laisser la place au Consulat puis au 1er Empire.

VICISSITUDES MUNICIPALES

Depuis le 19 brumaire de l’an IV, les registres sont signés par l’adjoint Louis CHAUVEAU en remplacement du Maire François LOISEAU. Rien ne nous indique le motif de l’absence du Maire.
Le Registre de délibérations nous apprend que, le 10 ventôse An X (1er mars 1802), suite à la démission du citoyen CHAUVEAU, le Maire René RICHER, nommé le 16 pluviose An X (5 janvier 1802) en remplacement, procède à la nomination d’un adjoint. Ce sera Valérien LOISEAU, propriétaire cultivateur.
Il convient toutefois de préciser que, si les Maires précédents étaient élus par le conseil municipal sous la 1ère République (1792/1799), les régimes autoritaires qui vont suivre (Consulat et 1er Empire : 1799/1815, Monarchies : 1815/1848 et Second Empire : 1852/1870, ainsi qu’en 1874, date à laquelle les monarchistes dirigeaient en fait, la République ) vont laisser aux Préfets le soin de désigner les premiers magistrats et pouvaient les désigner même en dehors du conseil municipal. René RICHER a ainsi été nommé par l’administration.
La première forme (encore très timide) de décentralisation, prévue par la Révolution, est remise en cause par BONAPARTE, Premier Consul. Une Loi du 17 février 1800 donne en effet au Maire un statut de fonctionnaire et institue un régime de centralisation totale : les membres des assemblées municipales sont nommés par le Gouvernement par l’intermédiaire des Préfets, représentants nouvellement institués du pouvoir central dans les Départements.
La population, quant à elle, passe à 326 habitants en 1800.

16 VENTOSE AN X (7 FEVRIER 1802), SAINT LAURENT EST PRIVEE DE PONT, LOCATION D’UN LOCAL COMMUNAL

Un conseil municipal extraordinaire, composé du Maire, René RICHER, de Sylvain PORNIN, cultivateur, domicilié à Vouzeron, de François DUTAR et Etienne PORNIN, propriétaires domiciliés à Vignoux, de Sylvain ROUX et Valérien Loiseau propriétaires domiciliés à Saint Laurent, « …après une mûre délibération, a été reconnu être urgent de rétablir sur cette rivière, un pont en bois qui était composé de la largeur de quatre pieds, avec des gardes de chaque côté, contenant soixante toises de longueur, lequel servait de passage des habitants de cette commune et de celles avoisinantes pour conduire leurs denrées aux marchés de Mehun et ramener celles nécessaires à leurs usages et besoins ; que depuis la destruction de ce pont en bois, la communication des habitants de Neuvy, Vouzeron et St Laurent n’a plus lieu avec ceux de Mehun, notamment pendant les pluies d’automne et d’hiver, ce qui porte un préjudice considérable aux uns et aux autres ; que pour n’avoir pas curé depuis plus de dix ans le lit de la rivière, il est encombré par les boues, sables, saules et autres bois, de manière que cette rivière s’est formé un nouveau lit sur des héritages précieux tels que prés, chènevières et terres à bled ».
On ne sait pas si ce pont ou plutôt cette passerelle en bois (qui mesurait 117 m de longueur sur 1,30 m de large) a été emportée par les crues ou s’est dégradée par manque d’entretien. Elle était située sur le gué principal de la commune que l’on avait pour habitude de nommer « gué de l’église, gué des Planches ou gué de St Laurent ». Cette situation va se prolonger de nombreuses années encore.
On apprend également, ce même jour, que la commune, qui était locataire d’un endroit de réunion à titre gracieux mais dont il n’est pas précisé la situation, va chercher à louer un lieu municipal et l’aménager. Pour la première fois, le registre de délibérations fait mention de dépenses de fonctionnement : « la commune privée d’une chambre que le propriétaire ne peut lui prêter, a pris aujourd’huy sur arrangement verbal une chambre de loy et moyennant trente livres par an pour la tenues des assemblées et pour loger les registres publiés et autres pièces concernant les intérests cy… : 30 F
Il sera accordé la somme de trente francs par an pour aller retirer à la poste aux lettres à Mehun et à Vierzon les paquets et lettres qui sont adressés pour le service de cette commune et porter à ces dits bureaux les réponses et autres affaires d’expédition la somme de cy… : 30 F
Il sera également accordé au Maire pour des faux frais la somme de trente francx cy… : 30 F
Et enfin, pour bois, lumière, papier, encre, plumes et pains à cacheter, la somme de 24 francs cy… : 24 F
Total de la dépense annuelle se monte à la somme de 114 F
Il a aussi été reconnu qu’il est nécessaire une table à écrire, des chaises ou bancs pour s’asseoir, d’un cachet, d’une petite armoire pour la conservation des papiers. La municipalité n’ ayant aucun de ces meubles dont le prix s’élèvera au moins à la somme de quatre vingt francs dépenses une fois faite 80 F
Desquels arrêtés dressés actés par le conseil municipal tenant en présence et du consentement de l’adjoint de cette commune dont copie sera envoyée au citoyen Préfet du département qui aura égard tel que de droit et ont les non signés déclarés ne savoir signer de ce enquis ».

18 GERMINAL AN XI (8 AVRIL 1803), REMPLACEMENT DU MAIRE ET DE L’ADJOINT

Suite à la démission du Maire, René RICHER qui est parti de la commune, le 10 ventôse (1er mars), le Préfet pressent le citoyen CHAUVEAU pour le remplacer. Mais ce dernier refuse « …empêché par des motifs valables… ». Le Préfet fait alors appel à l’adjoint, Valérien LOISEAU (propriétaire au Village des Jourdains) pour la fonction de Maire et à Jean RAUZAY pour celle de l’adjoint.
Le 18 Germinal An XI, le citoyen LOISEAU prêtera serment de fidélité à la Constitution entre les mains du Maire de la ville de Mehun.